pour une lecture plus confortable, il est conseillé aux utilisatrices et utilisateurs sur mobile d'incliner leurs appareils horizontalement, et de fait sortir au préalable d'Instagram
LE FLUX ET LE REFUS
tome 1
GENÈSE
première partie
VERSION NON-RELUE ET NON-CORRIGÉE PAR UNE AUTRE PERSONNE QUE L'AUTEUR
HISTOIRE 1
1/2
— Que s’est-il passé ici ? On dirait un hall d’aéroport.
— Ça fait un bail.
— Deux ans.
— Où étais-tu passé Julien ? Sur Arles ? Et la petite italienne que tu avais ramené ici à nos heures précoces ?
— Tu as une mémoire de mérou Fabien.
— Avec le métier que je fais il vaut mieux mon bèu.
— Je n’ai pas bougé, j’étais ici. Et la bolognaise végétarienne est rentrée chez elle.
— C’est impressionnant non ?
— Oui ça a changé. Tu me sers un café ?
— On ne fait plus ça maintenant.
— Tiens mets-toi là. Juste dans l’axe.
— C’est bon ?
— Parfait. Tu n’es pas obligé de sourire.
— Tu as pris un peu l’artiste.
— Un peu, tu es gentil, on dirait que je suis enceinte de trois mois.
— Ça va tu as bonne mine, tu manges bien.
— Non pas plus que d’habitude. Je n’ai juste pas bouger pendant plus d’un an.
— Comment ça ?
— Je ne suis presque pas sorti de ma chambre.
— Ah pas cool.
— C’était une expérience comme une autre. Tu es cinéphile ?
— Oui.
— Il faut que je te montre un film de Depardon. Tu le connais ?
— Oui, Le Photographe. Quel film ?
— ‘Afrique : Comment ça va avec la douleur ?’, 1996. C’est un documentaire où il est en voix off pendant quasiment toute la durée du film comme dans ‘New York N.Y.’
— Celui-là je connais, 1986. Continue.
— Il est face à Nelson Mandela alors président de l’Afrique du Sud qui est assis confortablement sur un fauteuil et Raymond lui demande s’il peut faire une minute de silence. Mandela lui fait un signe affirmatif de la tête. Il lui donne le top et Madiba reste immobile avec le sourire qu’on lui connaît. Une minute après lui avoir donner le départ, à la seconde près, sans que Depardon l’ait averti de la fin du challenge, Nelson recommence à parler à Raymond.
— Le temps.
— Il l’a eu en 27 ans de prison sur Robben Island.
— Il a appris à le malaxer.
2/2
— Ne joue jamais Julien.
— Que quand je suis sûr d’avoir une chance de gagner Fabien.
— C’est incroyable le nombre de gens qui souffrent d’addiction à ce sujet.
— J’ai travaillé dans un casino en ligne quand vivais à Johannesburg en 2007, il y avait des numéros d’urgence sur les sites sur lesquels j’ai travaillé pour répondre à ces problèmes.
— Les pompiers pyromanes.
— Sais-tu qui a autorisé les casinos en ligne en France cette même année ?
— Non. Sarkozy peut-être ?
— Bingo. Mais pourquoi ?
— Je donne ma langue au chat.
— Parce que son fils possédait des casinos en ligne qu’il ne pouvait faire tourner qu’à l’étranger.
— Tu n’as pas mon 06 Julien.
— Non.
— Tiens prends-le. Il faut qu’on se voit ailleurs que sur mon lieu de travail. J’ai moi aussi des choses à te raconter.
— Ah toi aussi tu ne connais pas ton numéro par cœur.
— À quoi bon je ne m’appelle jamais.
— C’est ce que je réponds quand on s’étonne que je ne connaisse pas mon numéro.
HISTOIRE 2
— Bonjour.
— Salut mon ami, comment vas-tu depuis hier ?
— Bien merci et toi ?
— Impeccable. As-tu vu ce qu’on vend ici ?
— Ah oui.
— Tu n’avais même pas fais gaffe à la vitrine j’imagine.
— Je te l’avoue. C’est des joins là. Vous vendez ça aussi ?
— Non l’artiste, c’est en exposition.
— Une performance.
— Exactement. Les flics ont voulu qu’on les enlève, mais nous les avons laissé.
— Tu as le droit ?
— Il n’y a que du CBD là-dedans, pas de THC. Ils ont été obligé d’accepter qu’on mette ces produits à la vente. C’est grâce à l’Europe.
— Mais vous vendez tout ce qu’il y a là ?
— exposition je t’ai dit petit.
— D’accord j’ai compris.
— Je t’ai raconté l’histoire des vitres teintées à 27% Julien ?
— Non.
— Bon, l’autre jour il y a un motard qui m’arrête à Vitrolles. Je roulais un peu vite. À un feu rouge, l’agent de police s’arrête à mon niveau et il me demande de lever ma vitre : « Bonjour monsieur, vous savez que les vitres teintées sont interdites ? » Je lui réponds : « Oui je sais. » Ce que je savais aussi, c’est que s’il voulait me verbaliser, il lui faudrait un appareil pour mesurer le pourcentage d’opacité. Je lui explique calmement qu’il aurait à s’installer à l’intérieur du véhicule pour prendre la mesure et que pour me mettre une amende il fallait que son résultat soit supérieur à 27%. Bien sûr il n’avait rien sur lui. Il a grimacé et m’a laissé repartir à regret.
— Tu as eu de la chance l’ami. Moi pendant le premier déconfinement en 2020, j’avais trouvé la parade pour ne pas marcher avec un masque sur le visage. Je me promener avec un clope au bec.
— Tu as dû en cramer des cigarettes vu tout ce que tu marches.
— True. Mais j’ai commencé à fumer des cigarillos.
— Je vois, le cigarillo éteint à la commissure des lèvres. T’as déjà essayé cette marque ?
— Non. AL CAPONE SWEET 10 FILTERS COGNAC. Tu sais que j’adore l’armagnac.
— Essaie, ça laisse un petit goût à la bouche, tu vas voir, tu ne t’arrêteras plus de te passer la langue sur les lèvres. Tu as vu mes nouveaux briquets, argent et or.
— Mets-moi ça avec. Mais je n’ai pas fini mon histoire. Un jour que je suis sur le Vieux-Port, côté Rive Neuve, un CRS m’arrête et me dit : « Le masque monsieur. » Je lui montre ma cigarette. Décontenancé, il se tourne vers ses deux collègues de part et d’autre de lui ; ils sont plus jeunes, il est leur chef, il ne peut pas en rester là : « Allez vous asseoir sur cette bitte pour la finir tranquillement et vous pourrez mettre votre masque ensuite. » J’ai fait ce qu’il m’a dit de faire.
— Il a perdu la figure devant ses troufions. Il fallait qu’il réagisse. Mais toi tu n’avais pas à faire ce qu’il t’a demandé de faire.
— Il ne m’a pas dit bonjour et pourtant saluer les gens qu’ils interpellent c’est une obligation de leur part. Mais selon les situations je préfère ne pas faire de vagues.
HISTOIRE 3
Premier pastis à un comptoir depuis presque deux ans : « Tu as vu, ils remettent tous le masque dans les transports en commun. Enculés, c’est des pédés. Moi ce quatrième vaccin ils peuvent se le mettre au cul. » Je me tourne sur ma droite et je vois ses mains : « Elle sont superbes vos bagues. » Il me répond : « Je sais, regarde mieux. » Je lui réponds : « Je peux les prendre en photo ? Je suis photographe. » Lui : « Bien sûr, tu n’es pas le premier. » Moi : « Vous vous appelez comment ? » Lui : « Henri. » Moi : « Avec un ‘i’ ou un ‘y’ ? » Lui : « Un ‘i’. » Moi : « Comme Depardon. » Le gars à ma gauche me dit : « Lui c’est Raymond. » Moi : « Je me suis emmêlé les pédales avec une autre histoire, je voulais dire Cartier-Bresson. Et vous, vous vous appelez comment ? » Il me répond : « Jean. » Moi : « Enchanté Jean. » Lui : « Et toi ? » Moi : « Julien. » Lui : « Parlons musique veux-tu ? »
HISTOIRE 4
— Salut Philippe comment vas-tu ?
— Ça va petit. T’arrives d’où comme ça ?
— Du Gambetta. J’ai descendu le boulevard Dugommier, j’ai pris une jolie photo au niveau de l’intersection avec la Cannebière et j’ai pris le tramway à Noailles pour arriver ici.
— Il ne s’appelle plus comme ça ce bar-tabac.
— C’est vrai. Et ce n’est plus qu’un tabac maintenant. C’est le week-end, tu prends la relève de Saïd ?
— Exactement. C’est quand que tu exposes une nouvelle fois au Bistroquet ?
— Peut-être en décembre de l’année prochaine.
— Pas avant ?
— J’ai d’autres projets.
— C’est vrai qu’à l’époque c’était le second confinement. Tu as bien marner durant cette exposition ; tous les matins dans le froid pendant un mois à l’ouverture pour accrocher ton installation.
— J’ai fini sur les rotules.
— Tu m’étonnes mon beau. Moi ce que j’aimais bien c’était tes dessins.
— Ce ne sont que des outils pour valoriser mon travail et leur rendre implacable.
— Je ne comprends pas Julien, dis-moi en plus.
— Mes dessins sont des reproductions de mes photos et ils me servent à proposer autre chose à celles et ceux qui n’arriveront jamais à acheter une photo ; elles et ils te disent qu’ils aiment l’art, mais ils n’y comprennent rien, pour eux c’est de la décoration.
— Ils croient sûrement que parce qu’elles et ils prennent des photos avec leur mobile, une photo à moins de valeur qu’une peinture ou un dessins. Et sur le fait d’être implacable ?
— C’est relatif au droit d’auteur. Un dessin c’est inattaquable.
— Okay. Tu m’appelles bientôt pour faire les portraits de mes fils comme on avait dit il y a deux ans ?
— Ça marche.
HISTOIRE 5
— Salut Robert.
— Oh Francis, Jean-Pierre, Olivier, François. Je ne me rappelle plus ton prénom. Tu es le photographe. Tu m’avais exposé chez Vacquier sur cours Jean Ballard en 2019.
— Julien. Oui un joli portrait.
— Oui c’est ça, Julien. Ça me fait plaisir de te revoir.
— Moi aussi Robert.
— J’aimerai te prendre en photo comme tu étais il y a cinq secondes.
— Comment ça ?
— Avec ton mouchoir devant la bouche.
— Je suis enrhumé Julien, ce n’est pas pour le Covid tu sais. Tu m’as vu sortir du tramway et tu as cru que je m’en servais de masque n’est-ce pas ?
— Oui, c’est encore mieux. La photo va être belle et le texte à contre-pied.
HISTOIRE 6
1/6
J'ai l'habitude de dire : « Je vais t'en mettre une et tu vas pouvoir te toucher les deux oreilles avec la même main. » Et tu me taquines sur la manière dont j'enroule mon pied gauche !? Parce que je dis aussi : « Pour l'instant tu as eu de la chance je n'ai utilisé que mes paluches ; mais je peux te finir avec mes panards. » T'as oublié un truc le Calimero de Bourgogne. La tête. Pourtant tu m'as vu l'utiliser et même quelques fois la perdre. J'ai deux souvenirs. 1984, l’Euro, 9 buts, mais un qui marque. Comme sur un terrain de tennis en montée au filet en décroisé. Je te laisse deviner lequel et contre qui. Si tu as un doute va sur Dailymotion. Et bien sûr 1993. J’y étais, j'avais 17 ans, c'était à Munich.
P.-S. Ça se finit toujours en 'i' ma parole. Platini, Boli, Rudi. Il m'a dit en CM1 : « Albert* comme Albert et Tinni(E) comme la poupée ». Monsieur Vidal, qui nous avait aussi fait part de son goût pour la peine de mort. S’il ne l'est pas aujourd'hui on se doute bien de son vote.
* J'ai donc aussi des origines germaniques. Il m'a dit un jour : « Moi je m'appelle Mohamed, mais au travail je suis NAZ(i). »
2/6
— J’aime comment tu écris Julien.
— Ah bon tu aimes ce texte ?
— C’est mon histoire à moi aussi fils. Qui t’a dit que notre nom était d’origine allemande et pas corse comme tout le monde croit ?
— Tu exagères, c’est d’origine corse avec un germe germanique.
— T’encules les mouches l’artiste. Et d’ailleurs le premier qui t’as appelé comme ça c’est moi.
— C’est un peu péjoratif dans ta bouche.
— C’est aussi affectif et tu le sais. Tes dessins me plaisent, tu as le même coup de crayon que mon père l’architecte, alors que moi j’ai toujours été une bille en représentation visuelle. Je sais écrire. Parfois je remonte dans ma tête les rois de France par ordre chronologique avec leurs dates de couronnements respectifs pour trouver le sommeil. Je suis gaucher comme toi, mais moi j’ai été contrarié dans mon enfance par une institutrice dont je ne me rappelle plus le nom. Conasse. J’étais blond comme ta grand mère la princesse napolitaine. Maintenant je suis blanc, mais toujours avec les yeux verts comme elle ; tu as tout pris de la sicilienne qui est née à Tunis. C’est sûr que tu n’as pas étais très bien servi ; 1/4 corse, 1/4 napolitain et 1/2 sicilien de Tunisie.
— Méditerranéen. Tu te trompes Charly, quand j’ai montré ta photo à la tunisienne, elle m’a fait remarquer comme je te ressemblais. Car c’est vrai que plus jeune j’étais le copier-coller d’Éliane. Tu oublies monsieur Vidal.
— Le lanceur de craies.
— Oui mon professeur en CM1. Tu es allé le voir pour parler avec lui de la chanson de Georges, ‘Le Père Noël et la petite fille’, qu’il avait choisi comme poésie à nous faire réciter.
— Oui je m’en rappelle. Je n’avais pas compris pourquoi il avait voulu vous enseigner cette chanson en sachant ce qu’elle raconte réellement. Il n’avait pas fait le mariole face à moi.
— C’est peut-être pour ça qu’il m’a humilié devant toute la classe juste après ?
3/6
— Would, would… Would you?
— Tu es lourd Charly.
— Pardon. Tu t’es vu ?
— Notre meilleur professeur d’anglais durant les eighties ; on comprenait chaque mot qu’il prononçait dans la langue de William.
— Yacer.
— J’ai un keffieh au couleur du Hamas.
— Ah ouais, quelle couleurs ?
— Vert et blanc ; c’est le commandant de marine qui m’a dit ça. J’en ai un autre rouge et orange, celui-là vient du Soudan.
— Mais Yacer c’était noir et blanc. Qui c’est ce commandant ?
— Oui je sais, j’ai une histoire avec mon keffieh noir et blanc dans laquelle joue Orson, mais ce sera pour plus tard. Le chef de navire est un client de Ricco. J’en parlerai aussi dans une prochaine HISTOIRE.
— Trop abscons pour moi fils.
— Je te raconterai tout ça dans Bégaudeau, Arthur H et Joseph.
— LE FLUX ET LE REFUS, ton nouveau projet.
— Oui. Et je sais à présent que si je n’ai qu’un seul lecteur ce sera toi.
— Tu peux me faire confiance Julien.
— Tu sais que je ne fais confiance à personne Charly.
— Je sais.
— Rien de personnel.
— Je te comprends. Combien de temps ?
— Deux mois, peut-être trois.
— Tu penses que tu vas y arriver ?
— En 2020, ça m’a pris deux mois, mais je ne partais pas de si loin.
— C’est vrai que tu n’as jamais été aussi gros.
4/6
— Nous avons oublié de parler du principal l’artiste.
— Oui je vois du quoi tu parles.
— Mais avant, tu arrives à mettre ça ?
— Oui, il me suffit d’atteindre mon poids balance.
— Très bien. Tu te photographies avec le petit père du peuple en arrière plan maintenant.
— Raté pour la brillance en érudition. C’est Vladimir Ilitch pas Joseph.
— Oui ça va.
— « Il y a ceux qui jouent mais qui n’aiment pas le jeu. »
— Quoi ?
— Laisse tomber.
— Non vas-y le rouge.
— Et un petit coup de condescendance pour se rattraper à la barre. Tu ne changeras donc jamais.
— Tu m’emmerdes petit con.
— Et c’est toi qui veux que je te parle avec respect ?
— Je suis ton père.
— Tu l’as été, mais tu es très vite devenu mon meilleur pote et tu as adoré ça.
— C’est vrai et maintenant je suis ta sauvegarde.
— J’en ai deux, toi et la bretonne méditerranéenne.
— Tu ne m’as pas dit qu’il valait mieux qu’un référent ne soit pas un membre de la famille ?
— C’est mieux, mais toi tu ne me feras plus aucun mal.
— Je ne t’en ai jamais fait.
— Oh si, mais c’est réglé depuis très longtemps. Et tu sais que je ne suis pas rancunier.
— Comme ta mère et moi.
— C’est vrai. Elle n’a jamais utilisé son pouvoir de mère sur moi et elle ne s’en ai jamais servi contre toi.
— Tu vois qu’on est de bon parents tout de même.
— Vous avez fait ce que vous pouviez au vu des circonstances et de vos capacités, comme tout le monde. Mais nous avons dérivé encore une fois.
— Oui, continuons dans le prochain segment. Mais laisse-moi conclure pour une fois. Maintenant j’en suis sûr, ça va payer ces mots Julien.
5/6
— Rentable et conforme, c’est tout ce que veut la sicilienne pour moi.
— Elle ne veux que ton bien comme moi.
— On s’écarte du sujet encore une fois.
— C’est vrai. Tu crois vraiment que je suis Renaissance toi le LFI.
— T’as quand même voté pour lui.
— Arrête Julien ! Ça va m’énerver.
— Tu m’as dit que tu avais voté pour Emmanuel au premier et au second tour n’est-ce pas ?
— Oui.
— C’est donc bien Renaissance.
— Ah oui pardon. Je voulais te chambrer avec Reconquête.
— It’s okay. C’est toi qui me veux mélenchoniste. Je suis engagé mais pas militant. Je ne vote plus et ce n’est pas à cause de François et de son livre ‘Comment s’occuper un dimanche d’élection’.
— Tu es un Maximilien.
— C’est toi qui me dit ça. Tu m’as élevé en me faisant ses louanges toute ma prime jeunesse.
— Oui, surtout Louis Antoine, mais lui n’avait rien à perdre. J’ai vieilli, je ne vois plus les choses de la même manière.
— C’était tous des écorchés vifs.
— Comme toi.
— Non coco. Moi suis Georges Jacques, le consensuel.
— C’est une blague.
— Et pour faire 6 comment vas-t’on faire l’artiste ?
— Je vais faire rentrer Suzy dans le jeu.
6/6
— Ta colocataire. Tu ne m’inviteras donc jamais chez elle ?
— C’est ma propriétaire. Elle me loue une petite chambre et elle me laisse jouir de tout son appartement pour une modique somme. Tu viendras bientôt avec toute ta nouvelle famille en avril.
— C’est vrai que je t’ai dit ça, mais tu m’avais énervé.
— Ça n’a aucune importance et c’est d’ailleurs la vérité.
— Nous sommes une famille malgré tout.
— D’une certaine manière oui.
— Ta mère viendra avec nous.
— Non, elle viendra aussi en avril mais un autre jour ; vous êtes incompatibles tous les deux.
— C’est dure ce que tu dis là.
— Vous voir séparément, c’est en tout cas la seule manière de vous supporter. Suzy a commencé le livre de Bégaudeau qui t’est tombé des mains.
— Il valait mieux que tu le récupères, que cela face une heureuses ou un heureux.
— Je suis bien d’accord avec toi.
— Tu vois que nous arrivons à être du même avis. Mais j’ai un doute, tu ne m’offrirais pas des livres pour ensuite les récupérer ?
— Grand Dieu non. J’espère que Mathis va retrouver le livre de Johann, ‘ Libres d'obéir : le management, du nazisme à aujourd'hui’, pour que je le récupère aussi. Ce petit mec c’est ton chien truffier.
— Je le prends comme un compliment pour lui.
— Tu peux.
HISTOIRE 7
— J’avais 3 ans, elle 31. C'était le jour de son anniversaire, le 3 ou 4 septembre, elle ne saura jamais, ses parents ont toujours été vagues à ce sujet. L'état civil indique le 3 avec pour prénom Vincente, mais pour moi c'est Éliane. Encore une fantaisie de ses géniteurs qui l'ont appelé par son second prénom durant toute sa prime enfance. Très tôt ça n'a plus été maman. Mes mamans, je te l'ai déjà dit, ce sont pour : « Les gens qui écrivent savent que les formulent viennent et qu'on y renonce pas. » Françoise. Et pour : « Il faudrait pouvoir écrire avec le sang de son cœur et la bile de son foie, le tout pour faire plus mal encore. Car il est des heures où l'homme est comme un somnambule qui court sur les toits. Si on crie pour l'avertir, on le fait tomber un peu plus vite. » George. Sans oublier : « Combien de lumières éteintes dans l’histoire parce que la noblesse a voulu être le seul flambeau et la seule histoire des siècles écoulés ! Échappez à l’oubli, vous tous qui avez autre chose en l’esprit que la notion bornée du présent isolé. Écrivez votre histoire, vous tous qui avez compris votre vie et sondé votre cœur. Ce n’est pas à autres fins que j’écris la mienne et que je vais raconter celle de mes parents. » Et pour papa ? Je l'ai très tôt appelé Charly avec un ‘y’ et il a adoré. C’était mon dieu. À présent aussi j'ai choisi. Pour : « Je suis une force qui va. » Et : « La forme c'est le fond qui remonte à la surface. » Bien sûr, Victor. L'autre : « Vos dix mille premières photos sont vos pires. » Henri avec un ‘i’. Elle était en colère contre mon père. Sûrement pour des aventures peu glorieuses. « J'aime les femmes. » M’a-dit-il un jour. Si j'avais été plus âgé je lui aurais répondu : « T'es un queutard pauvre homme. » On n'a jamais trop voulu me raconter ce qui c'était passé. Il a fallu que je devine.
— Vraiment ?!
— Oui. C’était son anniversaire, elle était en voiture avec un homme et ce jour là il pleuvait. Lui avait l'habitude de conduire comme aux 24h du Mans. Il a sûrement dû tenter l'expérience avec un tracteur ; c'est comme ça qu'il est mort, écrasé, deux ans après l'accident. Elle n'a même pas dû avoir le temps de s'envoyer en l'air avec lui. Verdict, le fémur droit coupé en douze, elle ne peut plus bouger les doigts de pied de la même jambe, traumatisme crânien, et cerise sur le gâteau, on lui découvre une fêlure au poignet alors qu'elle marche avec des béquilles depuis déjà deux mois : « Bon madame, je vous fais une ordonnance parce que vous vous plaignez, mais vous n’avez rien. » Il y a aussi quelques marques au visage mais qui disparaîtront très vite. Elle m’a réclamé. Il m’a amené la voir quand elle était encore à l’hôpital. Elle était sûrement chargée à bloc, un sourire extatique, la jambe pendue en l’air rafistolée avec des sortes d’agrafes, un souvenir de boucherie. Comme elle, comme sa mère, je suis et mon plus jeune fils aussi. On encaisse plutôt bien, mais on l'a à travers la gorge tout le temps. Des femmes fortes, mais on ne peut pas dire qu'elles aient été intelligentes. C'est bien beau de se prendre des coups et de se relever, l'aigreur peut gagner à se prendre trop au sérieux. Passer à autre chose. La joie. Avec ce qu'il faut de violence.
— Et tu lui a envoyé ça. Mais tu es fou Julien.
— Elle était grande, elle était blonde. Mais attention Titouane, Helen pas dans son meilleur âge avec le cuisinier en 89. Plus jeune.
HISTOIRE 8
1/2
Je m'y croyais. J’avais réussi à avoir un rendez-vous avec elle pour la prendre en photo et pour lui en vendre une. On allait se faire un pique-nique à la plage des Prophètes avec une belle lumière dans une ambiance ESTIVAL(e). Tout avait pourtant bien commencé. On s'est retrouvé au Monoprix sur la Canebière pour faire les courses. J'avais prévenu que je n'avais pas d'argent et qu'on soustrairait ma part du prix de la photo. On passe en caisse et elle me dit : « Comment on fait Julien ? » Je lui réponds : « Comme on a dit. » Elle me répond : « Je ne peux pas t'acheter une photo, c'est beaucoup trop cher pour moi. » Moi : « Alors on rembale. » On a rembalé. De là je suis remonté vers le Cours Julien et je me suis dirigé vers La Plaine. J'ai besoin de m'asseoir, ma jambe me fait mal. Je demande à un jeune homme si je peux m’asseoir à côté de lui alors qu'il est tout seul sur un banc. Il accepte et nous engageons la discussion. Il est comorien et il vit à Marseille depuis trois ans. Il est sans travail et je n'en sais pas plus. Ce dont je suis sûr c'est qu'il vous survivra. Il y a des chances que moi aussi je fasse parti de ce qui resterons en vie. Il m'a dit un jour : « La vrai richesse c'est de se passer des choses Julien. » J'ai encore beaucoup trop, mais tout va disparaître. La société dans laquelle nous vivons va s'effondrer. La quête du confort et de la tranquillité est vaine, il faut se préparer à lutter pour survivre. Je suis prêt, Remy l'est aussi. Laurent a encore un peu peur, mais le moment venu il aura peut-être la force.
2/2
Aujourd'hui le rideau tombe. Mon premier compte @tripleaim ne sera plus ce qu'il a été. Nous étions trois sur @triplejulienalbertini, celui que je viens tout juste de créer. La tatoueuse qui préfère les femmes nous a quitté parce que je l'ai taguée sur une photo où il y avait une bite. J'ai fait l'effort, je lui ai expliqué que la bite n'était pas l'ennemi, que c'était le système patriarcal qu'il fallait mettre à bat. Elle m'a lu mais n'a pas répondu. J’ai invité Béatrice. Elle m'a dit qu'elle allait m'acheter une photo. La transaction devrait avoir lieu, mais elle peut très bien se rétracter au dernier moment. Dans ce cas je la désabonnerai, et nous ne seront plus que la princesse du Mans et moi. Elle elle y a droit. Elle a voulu une photo, elle m'a dit son prix et j'ai accepté. La semaine prochaine je me rends chez elle. J’imagine plein de choses. Je ne sais pas, je n'ai pas confiance en elle comme je n'ai confiance en personne. Vous croyez qu'elle a envie qu'on l'aime ? Moi je crois plutôt qu'elle veut qu'on la respecte. On fera ce qu'on a envie de faire. Et vous verrez ce qu'on a bien envie de vous montrer.
HISTOIRE 9
1/3
J'ai l'habitude de dire : « Je vais t'en mettre une et tu vas pouvoir te toucher les deux oreilles avec la même main. » Et tu me taquines sur la manière dont j'enroule mon pied gauche !? Parce que je dis aussi : « Pour l'instant tu as eu de la chance je n'ai utilisé que mes paluches ; mais je peux te finir avec mes panards. » T'as oublié un truc le Calimero de Bourgogne. La tête. Pourtant tu m'as vu l'utiliser et même quelques fois la perdre. J'ai deux souvenirs. 1984, l’Euro, 9 buts, mais un qui marque. Comme sur un terrain de tennis en montée au filet en décroisé. Je te laisse deviner lequel et contre qui. Si tu as un doute va sur Dailymotion. Et bien sûr 1993. J’y étais, j'avais 17 ans, c'était à Munich.
P.-S. Ça se finit toujours en 'i' ma parole. Platini, Boli, Rudi. Il m'a dit en CM1 : « Albert* comme Albert et Tinni(E) comme la poupée ». Monsieur Vidal, qui nous avait aussi fait part de son goût pour la peine de mort. S’il ne l'est pas aujourd'hui on se doute bien de son vote.
* J'ai donc aussi des origines germaniques. Il m'a dit un jour : « Moi je m'appelle Mohamed, mais au travail je suis NAZ(i). »
2/3
Il m’a dit : « Oh ça va Julien c’était pour déconner. C’est fou comme tu es soupe au lait. » Je lui réponds : « À ce moment quand tu m’envoies cette image Calimero, une plainte a été déposée. » Lui : « Et alors on est à Marseille ou bien. Non c’est bon je n’ai pas besoin de ton d’aide, tu m’as déjà assez ramassé comme ça. » Moi : « Je ne sais pas comment ça se passe en Ardèche et en Bourgogne, mais le président lui a dit… » Lui : « QUOI ENCORE ! TU NE VAS PAS ME RAMENER EMMANUEL DANS CETTE HISTOIRE TOUT DE MÊME. JE TE L’AI DIT. JE SUIS APOLITIQUE. » Moi : « Tu parles comme l’eunuque à présent Calimero. Donc il lui a dit : « Vous ne prenez pas d’avocat. Mais vous vous rendez compte que vous le soumettez à de la prison ferme ? Pour cause de grève des avocats je suis obligé de reporter l'audience. » Lui : « HEY L’ARTISTE, ELLE VOULAIT JUSTE T’HUMILIER. ET EN PLUS RAPPELLE-TOI, ELLE N'EST MÊME PAS VENUE À LA SECONDE AUDIENCE. » Moi : « le président n’a pas manqué de le signaler. Mais pourquoi n’a-elle pas plutôt fait une sculpture de moi avec un plug dans le cul comme elle a l'habitude de faire ? » Lui : « Regarde je retrouve mes minuscules. Ça aurait été te reconnaître comme Artiste l’artiste. »
3/3
— Alors comme ça monsieur préfère les brunes. Et tu réutilises le premier segment de l’HISTOIRE 6 dans celle-ci.
— Comment te dire, il y a des évidences qu'on ne peut contourner l'ami, et puis celle-là est anglaise et de fait encore moins ma came. Ce n’est pas un vulgaire recyclage, cela se justifie. Je vais d’ailleurs encore utiliser ce segment pour la quatrième de couverture du TOME 2.
— Pour être honnête avec toi, tes histoires de segments ne m’intéressent que très peu. Par contre il y en a une qui te l'as mis bien profond Julien. Mais c'est lequel que tu as choisi ?
— Je t'ai dit que c'était un mec Olivier, eunuque de surcroît. Le choix est pléthore. Caligula aurait été trop facile. Et pour que tu ne fasses pas d'erreur, elle y est habillée comme Madonna par Jean-Paul.
— Ah je comprends mieux ; tu peux basculer à la vapeur mais tu restes toujours actif.
— Le drame dans tout ça c'est qu’il a dû dire à la grande barbue suisse que j'avais posté en dépit amoureux.
— Mais tu m'as pas dit que c'était professionnel.
— Je la plains.
— Mais qui ça ?
— La grande barbue suisse qui est con comme un belge. L’eunuque cherche un papa et de préférence un artiste.
— C'est logique, un eunuque qui veut se faire mettre en orbite.
— Il aurait mieux valu qu'il reste avec sa communauté d'artistes orgasmiques et qu'il se dispense de fractionner en exposition collective avec nous. J’ai compris plus tard qu'il n'avait que du mépris pour notre travail.
— T'as levé les masques l'artiste.
— Ce n’était pas mon intention l'ébéniste.
— Tu vas les mettre à genou(X) maintenant ?
— Si j'y suis obligé. Il faut au moins qu'ils en mettent un à terre. Je ne suis pas crâneur, je suis déjà passé à autre chose. Il faut que je parle à la princesse du Mans, maintenant je peux m'occuper de gérer ses parasites.
— À quelle heure part ton train ?
— À 07h26 le mercredi 12 juin.
HISTOIRE 10
1/2
— Il y a encore des communistes à Toulouse ?
— Paraît-il Julien. Je ne suis pas assez engagée politiquement. Mais c’est vrai qu’à la Fac ils nous distribuaient des tracts pour des réunions marxistes avant le Covid 19.
— Attention aux marxistes Sofia. Moi j’ai été introduit par Remy à des événements organisés par Lutte Ouvrière. C’est pour le moins particulier. Ils conchient la religion, mais leur fonctionnement n’est pas mieux. En tant qu’artiste il vaut mieux être engagé que militant. Nous pourrions être de vraies armes de poing pour eux, mais leur prétention nous rend transparents à leurs yeux. Même les plus modérés au parti socialiste ici à Marseille sont aveugles à nos qualités. Il y a bien Arnaud Drouot qui me suit sur Instagram, mais je t’avoue qu’il est plus facile de discuter avec ceux du camp d’en face comme Bruno Gilles. Mais grand dieu je reste socialiste, au sens étymologique du terme, et je ne ferai jamais le grand écart. La cible est la même pour tous ; les fachos.
2/2
— Pour l'instant je vise avec beaucoup d'égoïsme mon bonheur personnel et ce n’est pas dans la lutte que je pense le trouver. En tant qu'artiste, même si j'ai du mal à me revendiquer comme tel, je vais peut-être m'engager dans certains travaux ? Et comme tu le sais je suis en cursus universitaire ; les travaux sur lesquels je vais prendre position, sur les conventions sociales par exemple, auront toujours émergé de sujets qui nous ont été donnés par les enseignants. J’ai rarement pris l’initiative, et c'est pour ça que j'ai du mal à me dire artiste. Ce que je fais c’est de la peinture du dimanche, c'est purement esthétique, il n'y a pas de fond derrière.
— Connaître sa couleur c’est déjà ça Sofia. Il y a ne pas s’engager, être engager, et être militant. Il m’a demandé : « C’est quoi la vie Julien ? » Je lui ai répondu : « Dis-moi Georges. » Il m’a répondu : « C’est la lutte. ». Être artiste, il faut le vouloir, avoir la conscience que tes œuvres doivent être avant tout esthétique. Moi je vois plus que ça dans ton travail, je perçois une rage. Va voir le profil de la princesse du Mans ; que de la bouche. Et pourtant elle n’est pas marseillaise, c’est une mancelle franco-béninoise. Ne deviens pas comme elle. Elle a un potentiel incroyable et elle le sais. Mais c’est une branleuse, elle ne veut pas se donner du mal. Elles et Ils sont pléthores et ce sont des gens très dangereux à fréquenter pour des gens comme nous.
— Je vais aller voir son profil. Pourquoi dangereux à fréquenter pour nous Julien ?
— Elles et ils n’y arriveront jamais, parce qu’elles et ils n’ont pas le goût de la lutte. En vieillissant leur goût de mort ne fait qu’augmenter. À notre contact, les gens libres qui se donnent du mal, elles et ils sont d’abord attirés et puis très vite il deviennent envieux et jaloux, et ils peuvent vouloir notre mort. Comprends bien ce que je veux dire par là. Vas voir c’est édifiant, elle n’est que dans la séduction. Nous c’est l’impression.
— Je vois, j'espère ne pas devenir comme elle. Au passage, ça m'a fait sourire que tu me dises voir de la rage dans mes productions. J’en ai beaucoup c'est sûr, mais je ne pensais pas que ça se ressentait dans mes travaux.
— Tu ne fais pas que revendiquer ; on sent bien ce qui t’anime. Il faut que je fasse un texte de notre discussion d’aujourd’hui. Tu écris toi aussi ?
— Oui des nouvelles. Hâte de lire le texte que tu auras tiré de cette discussion.
HISTOIRE 11
1/3
— Ça confirme ce que je pensais Julien, très Frédéric Taddeï époque Paris Dernière.
— Je ne sais pas si je dois le prendre pour un compliment Stéphanie. Il est de droite, mais je l’aime bien. Plus personne ne pose de likes sur mes posts. Je commence à faire le ménages dans mes abonnements et mes abonnés. Avantage, j’ai activé mes notifications sur Instagram.
— C'était un compliment. Lui on s'en fout, j'adorais l'émission. C’était gonflé et l'ambiance était particulière. J’ai retrouvé cette forme de voyeurisme consenti par les vus, et assumée par le voyeur dans ta série. 666 followers l’artiste, je ne peux croire à une coïncidence.
— Ben j’en profite madame. Elles et ils sont là. Puisque plus rien ne bouge, à présent à chaque nouvelle inscrite ou inscrit, j’en balance une ou un aux oubliettes. On devrait se voir avec Thierry Ardisson avant que je rentre dans le sud ; on parlera sûrement de tout ça. Bon il va falloir que je reflue assez vite une nouvelle série histoire que cet interlude{CHANDELLE} ne prenne pas toute la place. À bientôt Stéphanie.
2/3
— S’il arrivait un jour que tu n’assumes pas un échange tu me le dis et je rétrograde Sofia. Soyons honnêtes l’un envers l’autre, je ne cherche pas à te pousser. Ouvrons des portes ensemble et refermons celles qui pourraient être malencontreusement ouvertes.
— Ne t'inquiète pas Julien, j'assume. En même temps on est pris pour des cons. Si nous devions juste parler des mesures gouvernementales prises pour lutter contre le Covid 19 ; ils ne mettent pas l'argent là où il faudrait et c'est un choix de leurs parts. Ça a dû choquer ta série interlude{CHANDELLE}.
— Je n'ai pas été à l’initiative, c’est le couple qui a été demandeur.
— J'aime ce côté voyeuriste. Elles et ils vont sur des sites pornographiques, mais quand c'est suggéré sur Instagram ça les choque.
3/3
— Je ne lis ton message qu'aujourd’hui Julien. J’ai fait le break. J’ai déconnecté tout le week-end. Je vais plutôt te contacter sur ton mobile, ce sera plus facile pour qu’on arrive à se voir.
— Salut Alfredo, je suis dans l’attente de savoir si je vais rester basé à Marseille ou si je vais m’installer quelques temps sur Arles. Nous allons réussir à nous voir, je n’en doute pas. Il est vrai qu’il serait plus simple d’avoir un moyen de communication plus immédiat. Si je pouvais aussi te joindre de mon côté nous augmenterions nos chances de pouvoir nous rencontrer. Je peux comprendre que tu ne veuilles pas me communiquer ton numéro de portable, mais peut-être pourrions nous utiliser Messenger ou une autre messagerie privée de ton choix ? Il y a aussi interlude{CHANDELLE}, une commande d'un jeune couple parisien que j'ai récemment mis en ligne sur mon site et j'espère pouvoir en parler avec toi. Hasta muy pronto.
HISTOIRE 12
C’était en 2019 au début de l’été à Arles. Nous nous étions rencontrés quelques jours au part avant. C’était fort. Je n’avais pas touché une femme depuis un an. Inès avait déjà eu une période de vache maigre de trois ans m’avait-elle dit à l’âge de 35 ans. À présent elle fanfaronne en me disant qu’elle va reprendre les habitudes qu’elle avait avant moi en mode vibromasseur multi-amants. La tunisienne s’était mis le compte avec Titouane toute la soirée. Moi j’étais rentré me coucher. Elles arrivèrent avec Christophe et me prirent à l'heure de mon réveil habituel. 4 heure du matin. Le grand gaillard en a pleuré. Lui aussi était raide. Et la discussion vire politique. La libertaire inconséquente est complètement désabusée, elle n’attend que le feu. Tout le monde à la table est de gauche. Consensuel je suis, c’est ma forme qui est extrême. Je lance la bombe. Taubira. Tout le monde est d’accord et personne n’y croit. Je vais tous vous mettre à genou(X) devant elle et vous pouvez être sûrs qu’avec moi à ses côtés, le nabot des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, ira danser la carmaniole avec Christian Estrosi à la Villa Noailles.
HISTOIRE 13
— Aujourd'hui tu me mets en vedette sur ton site internet, ça me touche Julien.
— C'était bien la moindre des choses Olivier, avec tout ce que je fais sortir de ta bouche et qui ne vient que de ma tête.
— C'est drôle tous ces gens que tu étrilles sur les réseaux sociaux et qui te voudraient mort ou encore mieux enfermé dans une gaule à pourrir pour le reste de tes jours.
— Oui, quand il s'agit de défendre leurs réputations d'illustres inconnus tu les vois toutes et tous se lever d'un seul homme et même parfois faire alliance avec des gens qu'elles ou ils détestent encore plus que moi.
— Tu ne m'as pas dit que les réseaux sociaux s'évertuaient à effacer la mémoire, que tout ce qui les intéressent ce sont nos données personnelles qu'on leur sert sur un plateau, en publique et en privé d'ailleurs.
— Elles et ils utilisent un outils qui s'est mué en service depuis déjà longtemps.
— Et s'agissant des influenceuses et influenceurs que nous appelions encore leader d'opinion il y a encore 10 ans de ça ?
— Elles et ils pensent que le nombre de like(S) qu'elles ou ils récoltent à chaque post leur confèrent.
— Mais à se comporter de la sorte avec toi, elle et ils te considèrent toi aussi comme une personnalité médiatique. Elles et ils croient peut-être que tu vas vraiment devenir l'artiste majeur de ces 20 prochaines années ?
— En tout cas en se conduisant comme elles et ils le font, c'est comme me faire la courte échelle.
— Et tu ne leur dis même pas merci ?
— Je n'ai pas vocation à être un berger pour des moutons.
— Qu'est-ce que tu veux alors l'artiste ? Certainement pas des femmes fortes et des hommes faibles. Depuis le temps que tu nous dis qu'elles et ils veulent ta peau.
— Non L'ébéniste, je veux des femmes puissantes et des hommes libres.
— Et des femmes libres et des hommes puissants ça marche aussi ?
— Des Femmes Libres bien sûr, des hommes puissants nous en avons assez eu comme ça et on a vu ce que ça a donné.
HISTOIRE 14
— Hi Samanta, usually the Instagram account @triplejulienalbertini is a profile for Buyer(S) and VIP(s). Today not anymore. Even I unsubcribed you, you followed me again and I like it. You can stay. I met a woman from Bologna in September in Marseille and I want to join her as soon as possible. I hope one day to speak in your language with you.
— Con piacere l'artista.
— My message is already ready for one month, could you tell me if it is correct?
— Send it.
— Bonjour Luna, je sais que mes derniers messages étaient inappropriés, je te demande d’accepter mes sincères excuses. La nouvelle version de mon site internet parlera sûrement mieux que moi. JULIEN ALBERTINI PUNTO COM. J’espère qu’après tout ce temps tu as réussi à trouver un homme qui a su se mettre à la bonne place ; à côté de toi et non en face, ou alors seulement pour plonger ses yeux dans les tiens. But if you’re still alone, Minchia, you can answer me, and if you want, I’ll come to join you in your town.
— Non capisco il francese.
HISTOIRE 15
1/2
Aujourd’hui tu vas m’écouter et seulement m’écouter Julien. Je suis Olivier l’ébéniste, la voix contradictoire que tu t’es choisie. Tu n’y arriveras pas, nous sommes foutus. Oui reprends une larme de Whisky tu vas en avoir besoin. Ça a mis le temps, mais aujourd’hui ton site internet arrive à maturité. Continue à te servir des réseaux sociaux pour ce qu’ils sont, mais n’espère plus qu’elles ou ils puissent s’en servir un jour comme d’une arme de poing contre les fascistes qui sont aux portes et avec qui elles et ils partagent le goût de mort. Il va encore falloir que tu anonymises certaines personnes qui pourraient un jour s’en servir pour te porter préjudice. Soit un homme libre, tu as déjà réduit considérablement tes besoins et tu es prêt à serrer encore plus la visse s’il le faut. Efface tout. Et arrête avec toutes ces ponctuations en emoticon. À l’os maintenant. Tu vas devoir changer tes règles de vente. Tu continueras avec ton système de publication en NINE FRAMES sur ton compte @tripleaim, mais tu effaceras à chaque nouvelle édition. 666 followers c’est fini. Laisse couler à présent. Tu posteras sur ton compte @triplejulienalbertini par trois comme tu le fais, mais il pourrait que tu doives aussi faire table rase encore. Pour graver dans le marbre il y a ton site internet. Cynique il y a peu de chance que tu le deviennes si tu gardes ta joie, et satirique tu resteras. Ta violence et l’acceptation de l’animal que tu es t’aideront à survivre. Peut-être que la bolognaise végétarienne comprendra ? Et quand bien même, le monde est vaste mon ami. Quand les portes s’ouvrirons à nouveau tu seras là et tu feras ce que tu sais faire de mieux ; capter, retranscrire, interpréter, montrer et t’exprimer. Nous allons tous disparaître, mais s’il doit en rester un dernier ce sera toi.
2/2
— Même avec une application qui est censée faire le job Olivier, plus de 14 000 publications, ça promet d’être fastidieux.
— S’il le faut tu resteras enfermé pendant trois jours Julien, mais je ne veux plus une trace.
— Très bien. Et pour Facebook ?
— Tu supprimes tout. Tu conserves pour le moment ton profil, mais à terme tu ne garderas que Messenger.
— Reçu.
— Et pour mon compte Twitter ?
— On le laisse tel quel pour l’instant. Mais lui aussi partira au feu un jour ou l’autre.
— J’ai mon HISTOIRE 15 l’ébéniste.
— Grand bien te fasse l’artiste.
HISTOIRE 16
1/4
— Je dois avouer qu’aujourd’hui j’étais assez tendu Olivier.
— C’est parce que tu es allé voir ta mère ?
— Ça n’a pas arrangé les choses c’est vrai, mais ce n’est pas de sa faute. Il y a des discussions que je ne pourrai jamais avoir avec elle, il faut juste que je l’accepte.
— C’est le fait de tout effacer sur tes comptes Instagram ?
— C’est plutôt de trouver à nouveau un concept qui tienne la route.
— Rester en NINE FRAMES sur ton compte @tripleaim et effacer l’ancienne édition par la nouvelle, ça marche plutôt bien il me semble.
— Oui c’était une bonne idée que tu as eu.
— La difficulté sur ce compte va être d’effacer la totalité de son contenu. Il me reste encore 13672 images et l’application Posts Cleaner plante environ toutes les 40 images supprimées et le délais entre chaque effacement est de 5 secondes.
— Tu n’as qu’à t’atteler à cette tâche lors de ton re{FLUX} à ton réveil.
— C’est bien ce que je compte faire. Mais il faut que j’ai un nouveau NINE FRAMES à poster tous les matins durant cette phase de suppression, car la suppression ne peut se faire que des images les plus récentes au plus anciennes.
— Je comprends.
2/4
— Où est donc la difficulté Julien ?
— C’est plus pour le compte @triplejulienalbertini Olivier.
— Pourtant tu n’as que 3629 posts à effacer, les suppressions iront donc plus vite sur ce compte que sur @tripleaim.
— Mais que vais-je bien pouvoir faire de nouveau sur le compte @triplejulienalbertini ?
— Tu vas continuer à faire ce que tu faisais Julien. Tu vas juste devoir choisir une fréquence d’effacement en multiple de 3.
— Et si je choisissais un nombre de publications maximum plus élevé. Disons 45.
— Oui et c’est toujours un multiple de 3.
— Et aussi de 9 l’ébéniste. Il faudra juste que je supprime chaque matin le nombre d’images postées la veille.
— Pour être plus clair l’artiste, si tu postes 12 images dans une journée, tu arriveras à un total de 57 posts sur ce compte, et tu devras enlever les 12 plus anciens publications le lendemain pour revenir à 45.
3/4
— Te rends-tu compte que c’est en train de ressembler à une application ce que tu es en train de mettre en place l’artiste ?
— Carrément l’ébéniste. Ça fait très longtemps que ça me trotte dans la tête. La dernière personne à qui j’en ai parlé fut la libertaire inconséquente ; elle a immédiatement vu le potentiel.
— Tu m’as dit qu’elle est été intelligente.
— Si on doit parlé de potentiel elle en a. Mais c’est une branleuse. Il faut absolument que je me débarrasse de la mémoire de son corps ; les deux nuits que j’ai passée avec la bolognaise c’était encore là, et d’ailleurs l’italienne l’a bien senti.
— Tes textes n’y suffiront pas Julien.
— Je le sais bien Olivier. C’est pour ça que j’ai prévu autre chose.
— Ne m’en dis pas plus. Tu dois encore peaufiner ton site internet, commencer tes nouveaux dessins pour ton exposition en décembre et préparer les enveloppes plastiques qui protègeront toutes tes œuvres de l’humidité. Et je dois sûrement oublier quelques petits détails tout aussi importants.
4/4
— Combien te reste-t'il d'images à supprimer sur le compte @tripleaim ?
— 4983.
— Auras-tu fini avant le début de ta prochaine exposition qui débutera la semaine prochaine l’artiste ?
— Ça devrait le faire l’ébéniste. Le triptyque d’avertissement sera présent en permanence sur mes deux comptes Instagram. Au cas échéant, en plus du 9 FRAMES quotidien sur @tripleaim, je peux éventuellement ajouter un triptyque en relation avec mon actualité.
— À terme sur @tripleaim tu auras donc un minimum de 12 ou un maximum de 15 posts. J’ai aussi vu que sur @triplejulienalbertini tu fonctionnes avec un maximum de 81 posts plutôt que 45. Multiple de 3 et de 9.
— 9 fois 9.
— J'avais noté Julien.
— Tu as remarqué que je suis obligé de reposter le triptyque d’avertissement régulièrement sur @triplejulienalbertini Olivier. Il ne peut rester en bas de page comme sur @tripleaim.
— Oui Julien, mais le reposter tous les 9 posts, ça n’est pas très heureux. Cette discussion aujourd’hui est complètement obsolète.
— True. C’est plutôt amusant non ?
— De parler avec moi des aspects technique de ton travail alors que je n’y comprends rien ?
— Aussi. Plus besoin de se torde le cerveau, maintenant il y a l’option d’épingler des images sur un profil Instagram. Et même de le faire avec des Réels.
— C’est du chinois pour moi tout ça.
HISTOIRE 17
1/3
— Salut Carlos, pardonne-moi d’avoir mis tant de temps à te répondre. Ce confinement à Marseille me rend complètement amorphe, je n’ai envie de rien. Heureusement qu’il y a cette femme que je vois de temps en temps. Mais je ne peux pas dire que ce soit si satisfaisant que ça. Ça manque de tendresse.
— Viens me voir à Tenerife dès que tu peux mon ami, tu verras la vie insulaire ça a du bon.
— J’ai vendu mon appartement il a un peu plus d’un an. J’avais prévu d’être sur la route juste après. J’ai bien essayé en fin d’année dernière, mais les planètes n’étaient pas alignées ; j’ai rebroussé chemin. Ce n’est pas plus mal, Le Covid 19 a fait son apparition juste à mon retour. J’ai un plan à Mexico et aussi quelque part en Argentine. Venir chez toi quelques semaines pour travailler mon espagnol ne serait pas du luxe. Je te tiens au courant.
2/3
— Salut Julien, comment se passe ce second confinement ?
— Comme j’ai dit à la bolognaise sur une carte postale que je le lui ai envoyée récemment : “Here in Marseille they are just waiting for death.”
— Ici dans les îles on est sûrement au plus proche du paradis. Nous avons moins de restrictions que chez vous sur le continent.
— Envoie-moi des photos qui illustrent le paradis dont tu me parles Carlos et j’en ferai une HISTOIRE.
— Je t’envoie ça demain. Luna à l’air chouette.
3/3
— Je n’ai pas de bougie pour marqué le coup Christian.
— Ça n’est pas grave Julien, c’était simple et bon. Tu m’as gâté pour mes 57 ans.
— Fais gaffe le manouche de Haute-Savoie, on va croire que ce soir nous sommes allé au delà du dessert tous les deux.
— Il est bon ce petit fondant au chocolat.
— C’est la girl du DEP qui m’a fait connaître.
— Une vraie gourmande celle-là pas comme la libertaire inconséquente.
— C’est vrai qu’au niveau bouffe qu’est-ce qu’elle se la pète celle-là. Elle se prend pour un fin gourmet alors qu’elle mange n’importe quoi à n’importe quelle heure.
— L’alcool.
— Elle est pratique cette addiction, tu n’es responsable de rien, tu peux faire et dire ce que tu veux, le lendemain il te suffit de prétendre de ne te souvenir de rien. Jour après jour tu formates.
— Une vie de sur place. Mais il y a une autre addiction bien pire Julien.
— Et si tu n’y prends pas garde ‘It Follows’. La première fois que j’ai perçu le danger c’était avec Cécile la girl du DEP : « Tu es bien sage au lit Julien, j’aimerai plus de fantaisies. »
— Et que s’est-il passé ?
— Et bien lors d’une après-midi pluvieuse où nous nous ennuyons charnellement, elle m’a demandé de la prendre autrement. C’était la première fois qu’elle allait jusque là et elle a aimé ça.
— Elle s’est abandonné.
— ‘She lost control’. Un mois plus tard, à un peu plus de quarante ans, elle arrivait pour la première fois à prendre son pied en missionnaire sans s'aider de ses mains ; ce fut l’extase pour elle.
— Et pour la fantaisie ?
— J’ai eu du mal a le percevoir à l’époque, c’était diffus, mais avec la libertaire inconséquente j’ai compris immédiatement. Le goût de mort.
— Toutes les pratiques ont le droit de citer Julien mais à l’unique condition que cela reste un jeu. Moi il a fallu que j’entame une analyse pour me défaire d’une femme qui m’avait inoculé sa névrose.
— C’est comme un virus et pour s’en défaire de celui-là.
— Si tu le chopes, il est inscrit dans ton cerveau.
— Et il t’enlève toute envie de Lutte.
— Et donc de vie. Qu’est-ce que tu perçois chez la bolognaise de si spécial ?
— Je t’en parlerai dans une prochaine HISTOIRE. On ne peut pas se permettre d’être trop long quand on donne à lire sur un écran.
HISTOIRE 18
1/3
— Ton travail m’inspire Julien, je suis contente que tu es mis en ligne sur ton site internet certaines de mes photos ESTIVAL(e) que je t’avais envoyé de Porquerolles. Tu sais comme j’aime aussi ton travail sur les street{SLEEPER(s)}.
— Tu aurais pu tout autant les poster sur ton Instagram.
— Sans toi je n’aurai jamais franchi le pas.
— Je n’appelle pas ça avancer. Fais attention quand tu prends en photo des sans-abris qui dorment dans la rue, surtout quand tu est seule à 3 heure du matin en revenant de ton service. J’ai eu une manche de teeshirt arrachée pour une photo et c’est parce que je parle portugais que ça c’est arrêté là.
— Je fais ce que je veux.
— Tu sais très bien que demain tu auras ravalé ta morgue la libertaire inconséquente et que tu baisseras les yeux quand ton regard croisera le mien.
— Non parce que je formate.
— Rentre chez toi et essaie de trouver le sommeil sans adjuvant, je passe te voir demain matin avec des croissants.
— Tu as les clés, viens te glisser sous mes draps avant.
2/3
— ‘Persona’ Julien. Tu m'as percée à jour. Tout ce que tu m'as dit en privé et en public est vrai.
— Tu n'es pas une pute.
— Du certaine manière je l'ai été avec toi. Une pute borgne comme on dit ici à Marseille.
— Pourquoi mon amour ?
— Pour te montrer que j'ai au moins la liberté de choisir mes prisons.
— C'est tout.
— C'est tout ce que je peux faire face à toi.
— À côté de moi.
— Je ne tiendrai jamais le rythme, tu feras ressortir le pire de moi. Va, ça t'a déjà dépassé et tu arrives à le maîtriser à présent. J'ai compris que tu n'as jamais voulu avoir le contrôle sur moi, que ta violence c'était ça.
— C'est rédhibitoire ?
— Pour l'instant. Faites-moi plaisir monsieur.
— Tout ce que vous voudrez madame.
— Défoncez-les tous. Et commence par ma colocataire, la petite pute bourgeoise qui se disait ta sœur.
— Reçu.
— Hey l'artiste.
— Oui.
— Suce ma bite.
3/3
— ‘Please be my friend’ Julien.
— Tu sais que je ne suis pas rancunier mais je ne fais pas comme toi, je ne formate pas.
— Je suis désolée.
— ‘Regrets is unprofessional’. Tu as jouer l’agent double avec la boule de haine dictatoriale et tu as cru tirer les ficelles avec la petite pute bourgeoise alors que c’est elle qui te l’a mis bien profond. Tu as voulu ma mort.
— Oui je sais.
— J’ai mis face à leurs responsabilités les membres de ton clan. Il faut que tu parles avec ta mère. Et si ta famille ne se révèle pas à la hauteur, devient celle que tu à toujours voulu être, libère-toi, ne soit plus ‘A woman under the influence’ et tire-toi.
— Nous nous recroiserons alors ?
— Il y a des chances la libertaire.
— Hey l’artiste…
— Je sais, suce ma bite.
HISTOIRE 19
— Bonsoir Luna, j’ai revu Alfredo sur Avignon le week-end dernier. Nous nous étions rencontré sur le parvis de la gare TGV d’Avignon. Il a vu que j’avais un carton à dessin sous le bras et il m’a dit : « Montrez-moi et je vous dirais après. » Il a aimé et il m’a laissé faire son portrait avant que je partes rejoindre Isabelle qui venait me chercher pour que nous allions à la Plage de Piémanson. Il m’a demandé de respecter son anonymat en raison de son activité professionelle. Chez lui, lors de nos retrouvailles, il m’a dit : « Je suis allé sur ton site internet Julien. Tout ton Travail tourne autour du Corps. Le cantonnier n’est pas encore passé dans ma cours, je me suis dis qu’il y avait une photo à faire. »
— Non capisco il francese Julien.
HISTOIRE 20
— Tu as bien fait de ne pas m’envoyer une photo de toi Carlos, l’histoire que je voulais raconter était beaucoup trop fleur bleue. À la place on a L’HISTOIRE 17 ; une putain d’histoire.
— Pas mal. Les SEGMENT(s) 1 et 2 sont une sorte de prologue pour rentrer ensuite dans le dur. Quelle vie Julien !
— Je passe pour un provocateur, mais je te le jure sur la tête de ma mère, je préfèrerai de loin que les évènements se déroulent plus sereinement. Je me rends compte aujourd’hui que j’ai toujours baigné dans un environnement peu propice à ‘Una vita tranquilla’. Sans aucun doute ça vient de moi. De ce que je suis.
— T’as plutôt une belle gueule, elles et ils sont charmés au tout début. Tu sais les faire rire et tu as beau sourire.
— Tu dois savoir de quoi tu parles, tu es sûrement l’un des plus beaux hommes que je connaisse.
— Te agradezco.
— Le hic c’est quand elles et ils se rendent compte du peu de pouvoir qu’elles et ils ont sur moi. Je ne suis pas un ogre comme Pablo, je ne mange personne, mais je ne laisse personne me manger. Tu sais, même la girl Dep’ est tombée dans le panneau. Elle a cru que comme Serge je pouvais deviner ses pensées.
— Elles peuvent te le faire payer d’avoir transgressé en intimité.
— Oui c’est bien ça le problème, on te demande d’explorer ‘La región salvaje’, mais quand on va là-bas il faut savoir avant ce qui nous y attire.
— Si c’est par curiosité pour élargir son spectre d’expériences, soit… Mais si ça doit combler l'ennui ou un vide, ça peut prendre toute la place.
— Très souvent, quand il y une couille dans le potage, ça tourne autour du père.
— Beaucoup cherchent un papa et pas un amant Julien.
— Moi j’ai encore des trucs à faire et à aller voir mi amigo. Et puis j’aime La vie.
— 17 novembre, 7h54, 17 degrés, en teeshirt. Mocho sol de noviembre para la foto!
— Cabrão!
— Non ça c’est du portugais l’artiste.
HISTOIRE 21
— Tous celles et ceux que tu as remué sur les Réseaux Sociaux se disent de ta Famille Politique Julien ; c’était volontaire de ta part de leur être ainsi rentré dedans ?
— Bien sûr L’Ébéniste… La plupart revendiquent une appartenance au Peuple De Gauche, certaines et certains pouvant être Libertaires ou Anarchistes, du moins elles et ils le prétendent.
— Il y en a même celles et ceux qui t’ont dit qu’elles et ils ne sont rien… Un peu comme moi. Souvent plus très jeunes. Elles et ils doivent te parler de leurs Actions Politiques durant leur jeunesse, je me trompe ?
— C’est souvent les mêmes qui sont restés bloqués dans un style musical et qui se disent parfois de grands mélomanes.
— Mon cul ! Dans le meilleurs des cas ce sont des Spécialistes, au pire de simple Mélancoliques ; la musique de leur jeunesse ne leur sert qu’à leur rappeler ce qu’elles et ils ont été. Ça fait longtemps que La Musique s’est arrêtée pour eux. Tu en connais même qui ont complètement baissé les bras ; qui ont Le Goût De Mort comme tu dis.
— J’ai eu récemment une relation avec une femme qui s’enfonce depuis des années dans cet état morbide. Pourtant je peux te jurer que quand elle rit sincèrement c’est un vrai soleil ; mais ça lui arrive très peu. Attention, je ne parle d’un rire de circonstance, ou soutenu par une quelconque béquille… Si on ne la connais pas on peut croire qu'elle aime La Vie.
— Elle l’a aimé très certainement… Tu sais Julien, c’est difficile pour certaines femmes de vieillir.
— Je connais des hommes qui ne l’acceptent pas non plus @oliviercatz.
— La Lutte est un sport de jeune mon ami.
— J’ai réussi a les faire réagir… Elles et ils ont su faire preuve de Violence, même si ce n’est pas celle que je prône.
— Envers toi l’artiste ; pour défendre ce qu’il leur reste d’amour propre.
— Le miens n’est pas au même endroit que la plupart des gens… On peut m’insulter, cela ne me fait ni chaud ni froid. Des mots. C’est très souvent sur les détails qui apparaissent insignifiants pour la plupart que je démarre.
— Mais nous n’avons pas abordé ce qui nous intéresse ici ; Le Père.
— J’ai assez parlé d’elle… Elle sait d’où vient le problème. Elle sait aussi qu’elle ne peut plus continuer ainsi. Elle le savait déjà pour elle, maintenant elle sait à quel point elle peut être tout autant toxique pour celles et ceux qui l’entourent. Elle a tout pour être heureuse et rendre un homme heureux. Malgré tout ce qu'elle peut raconter à ce sujet, elle est faite pour avoir un enfant. Mais pour elle c’est maintenant et elle ne peut plus attendre.
HISTOIRE 22
— Je vois que tu as invité d’autres personnes à notre discussion que nous avons eu la semaine dernière Julien.
— C’est l’avantage de l’expression artistique Alfredo, “I like to remember my own way, not necessarily the way they happen.”
— Restons en français si tu veux bien l’artiste. Tu sais que ma compréhension de la langue de William est assez limitée.
— Tu as raison Olivier, il y a assez de Mélange des genres sur mon site internet.
— Je préfèrerai moi aussi, ou alors en espagnol.
— On va peut-être arrêté les politesses les mecs et rentrer dans le dur non ?
— Oui madame.
— Parce qu’être obligée de me lever à 4h du matin pour entendre ces banalités, ça me fait un peu mal au cul.
— Voilà Stéphanie. C’est plutôt bien que nous ayons cette discussion ce matin, parce qu’hier j’ai rencontré Le Baroudeur. Et il m’a dit : « Pour ce qui est de la confidentialité de mon visage et surtout du nom, on fait référence à l’article 413 du code pénal et des arrêtés qui le suivent. Il est même stipulé qu’il est pénalement interdit de s’y référé. Donc, ni nom, ni photo, ni même évocation ».
— Et tu as respecté le cahier des charges ?
— À la lettre Olivier, j’ai mis en ligne dans mon post ce qu’il m’a autorisé à divulguer.
— Moi j’ai vu que tu avais mis le portrait que tu avais fait de moi sur ton site internet, j’ai attendu qu’on se voit pour te demander de l’enlever et je t’ai expliqué pourquoi.
— Je me suis exécuté Alfredo, et comme je t’ai dit : « Une photo de plus ou de moins ».
— Il faudrait que tu fasses signer une décharge à toutes les personnes que tu prends en photo Julien.
— C’est ce que m’avait dit le capitaine lors de ma première grade à vue commandant. Mais mon débit ne me le permet pas, je ne mitraille pas, mais je ne tire pas à l'arc comme Franck. Comme l'a si bien dit Stéphanie, je fais des arrêts sur image. Partout. Tous le temps.
— Je crois qu’il y a une autre raison au fait qu’Henri à la fin de sa vie ait arrêté sa pratique de la photographie pour revenir à celle du dessin Julien.
— Je le crois aussi Olivier. Certes à un certain âge les jambes ne peuvent plus porter comme avant, mais il s’est peut-être aussi rendu compte que dans le monde qui s'annonçait l’instant décisif allait prendre du plomb dans l’aile ?
— Moi je préfère parler de tir photographique. Si c’est le cas, il avait vu juste. Ça doit te faire mal d’écrire ce texte l’artiste, toi qui n’aime pas être démonstratif et didactique.
— Oui l’ébéniste, ça va surtout m’obliger à faire plus long qu’à l’accoutumé.
— Moi je crois que je vais retourner me coucher les garçons.
— Bon nous n’avons pas eu notre discussion finalement Julien.
— Tu as raison Stéphanie, je vais abréger les souffrances et je segmenterai en plusieurs histoires. Nous l’aurons Alfredo.
— Moi j’attends avec impatience que nous parlions ce à quoi tu ne crois plus, le droit d'auteur.
— C’est prévu Olivier.
HISTOIRE 21
— Alors Julien, qu’a-t-elle de si spécial cette Bolognaise Végétarienne ?
— Je n’ai passé que 2 nuits avec elle Christian. J’avais encore la mémoire du corps de la libertaire Inconséquente ; l’italienne l’a bien senti et a fait ce qu'il fallait faire, ne pas y prêter attention. La première nuit, elle a joui 7 fois et je me rappelle qu’entre l'orgasmes numéro 4 et le numéro 5, il a dû se passer 4 à 5 minutes.
— C’est toi-même qu’il le dit : « Avant j’étais Appliqué, maintenant je suis Plastique. »
— J’ai sûrement jouer mon rôle, mais crois-moi il est minime. Elle m’a demandé : « À quel âge as-tu embrassé pour la première fois une fille Julien ? » Je lui ai répondu : « 11 ans Luna. Elle s'appelait Françoise. » Elle m’a répondu : « À quel âge as-tu fait l’amour pour la première fois ? » Moi : « J’avais 15 ans et nous étions vierge tous les deux. Elle s’appellait Delphine. » Elle : « Moi j’ai embrassé un homme pour la première fois la première fois que j’ai fait l’amour. J’avais 17 ans. »
— Ah ce n’est pas banal.
— D’avoir fait l’amour pour la première fois avec une fille qui était vierge comme moi ?
— Oui, en règle générale, il y a toujours une initiatrice ou un initiateur. Mais embrasser et faire l’amour pour la première fois en simultané, tu admettras le caractère singulier de la chose.
— Je n’ai jamais été embrassé par une femme comme ça. Quand nous nous sommes retrouvés le second soir à chercher un endroit où dîner, je me suis fais plaquer contre le mur trois ou quatre fois, et ce fût la même chose quand nous avons rejoint mon appartement au Panier. Et tout en se poilant tout le long du chemin.
— Ça donne envie.
— La raison pour laquelle je t’ai dit que mon influence a été toute relative, c’est qu’il faut savoir que Luna a 35 ans, que la libertaire aujourd'hui a le même âge que moi, et que toutes les deux on vécu une période d'abstinence de 3 ans au même âge. C'est avec moi que la bolognaise y a mis fin.
— Fatche de con.
— La deuxième nuit pareil le manouche de Haute Savoie. Et je n’ai été que sur elle les yeux dans les yeux.
— La putain d’Adèle.
— Quand je me balade avec mon masque ‘SUCE MA BITE’, cela fait rire quasiment toutes les femmes et beaucoup moins les hommes. Quand j'ai raconté ces 2 nuits à des femmes, elles ont eu presque toute la même réaction : « Oui Julien, c’est vrai que certaines d’entre-nous ont des facilités à prendre leur pied. »
— Et tu as ensuite pu lire dans leurs yeux à toutes : « Connasse ! » Elle est géniale cette petite Julien, je comprends que tu veuilles la rejoindre à Bologne.
— Tout doux Christian, la rejoindre c’est dans mes plans et rien ne me fera dévier, même si elle m’a répondu hier : “C'è altro oltre il lavoro, almeno per me. Non venire a Bologna. È già passato, non più presente nè futuro. Un abbraccio Julien.”
— Faut dire que tu n'y es pas allé avec le dos de cuillière : “I think what is really important for you and me Luna, it’s Work. So I don't want to know the date of your birthday. Never.”
— Le Père et son absence, ça fait aussi parti de son équation Christian.
HISTOIRE 22
— Avant de passer le logo au feutre indélébile, est-ce que ça te va Julien ? Je ne peux pas le faire plus petit.
— Si le logo ne peut pas être plus petit, peux-tu remonter le ‘SUCE MA BITE’ un peu plus haut comme le “SUCK MY DICK” que tu m’avais offert Stéphanie.
— Reçu l’artiste.
— Un cafetier outré m’a demandé d’enlever mon masque aujourd’hui. Je me suis exécuté, mais le malabar style Hells Angels a commencé à me faire la leçon. Je lui ai répondu en lui expliquant malgré le fait que je goûte assez peu les sous-titres. Le premier geste qu’il a fait, fut de passer de l’autre côté du comptoir. J'ai continué. C’était du bluff, il est retourné à sa place. J'ai développé autant que ce peut. Comme je l’ai déjà dit à Olivier, je n'ai pas vocation à être un berger pour des moutons. J'étais là pour mes clopes. J’ai hâte de partir d’ici. L’Europe, ce continent où il a fait si bon vivre en apparence ces dernières années va redevenir ce qui l’a toujours été, une terre de conflits violents.
— La tension est à son comble Julien. La situation est intenable, et beaucoup de vies vont être brisées à cause de toutes ces décisions gouvernementales. Il me semble que les gens sont beaucoup moins agressifs sur d'autres continents. Les européens du centre-sud, et particulièrement les français, sont trop facilement piqués au vif, sans pour autant se défendre vraiment quand c'est nécessaire. Quels abrutis.
HISTOIRE 23
— Hi Luna, don’t worry, I won’t come in Bologna. Maybe one day, but not for you if you don’t want me. I hope you’ll enjoy your gift, with the stamp and the signature. Work is not the only thing that matters. No, the only thing that matters is joy; Love is like Hatred, is Bullshit. Work is my jail. We're all in prison, but mine is bigger than the majority of people. Of course because I’m an artist, and I'm going to become the major artist of the next 20 years. I agree with you, we must live in the present, but you’re wrong about to the presence. We can live with dead people, with an idea, with someone we trust even he is far away, cause we know he will come back. So, be careful Luna, the world is changing, and the people who will survive will be like me, with everything they need in a bag. Mine is 120 litres and I have another bag of 40 litres, one that I can put inside. It was this one I would have taken to join you and tell you what I'm writing to you tonight. I know you trusted me and I know you enjoyed my presence during this two day in Marseille too. But you seems not ready for commitment. I know is not personal. What is sure is you won’t meet an other guy like me.
— I’m sorry Julien… My english is not so good as yours. I didn’t understand all you said to me.
— Pourquoi je me fatigue à te la faire dans le langue de William, you’re just a picture now.
— Um abbracio.
— Va fan culo Bolognese Vegetariana.
— Bouffe ma chatte l’artiste !
— C’était la fierté de la libertaire inconséquente, savoir dire cette phrase dans la langue d’Ammien quand elle était en Grèce : « Je passais pour une folle là-bas Julien. »
— Sauf que ‘SUCE MA BITE’ ça signifie bien autre chose l'artiste.
— Elles et ils ont beau vouloir tout mettre à niveau sous prétexte d’Égalité Olivier, ‘CON COMME CHATTE’ ou ‘PETITE CHATTE’, ça n’a pas la même résonance. Confirmation est faite Titouane, mon checkpoint sera donc bien Arles, et ma pratique de la langue de Piero Paolo attendra.
— Ne te presse pas trop pour venir dans ma ville Julien.
HISTOIRE 24
— Au tout début de notre rencontre tu m’as dit : « Julien, il serait temps que l’on s’exprime autrement sur Les Réseaux Sociaux, histoire de palier à cette conformité ambiante. »
— C’est vrai, mais comme tu as pu le constater je n’applique que très peu cet adage à ma propre pratique.
— Tu dois vendre tes productions Stéphanie. Et quel meilleur endroit que Facebook, Instagram et Twitter pour le faire. La technique de vente la plus employée est celle qui consiste à être le plus proche de sa cible et de ne surtout pas innover dans l’approche. C’est ce que tu vends qui doit faire la différence.
— Oui, mais je pourrais peut-être y mettre un peu de Poésie ?
— Tu es folle, tu te tirerais une balle dans le pied.
— C’est donc à vous les artistes d’ouvrir la voix.
— Y mettre du style, bien sûr, car sans cela rien n’existe, mais y mettre du sens.
— Politique ?
— Bien sûr, et Social. Nous vivons une période historique où de grands bouleversements vont se produire. Et pas que dans la joie et la Bonne Humeur.
— Et ça risque d’être Violent.
— C’est certain. Celles et ceux qui veulent partir au combat la fleur au fusil, vont se faire dégommer.
— Certaines et certains pensent aussi qu’en se terrant dans des trous, il ne leur arrivera rien.
— Elles et ils subiront le même sort que les combattants du dimanche.
— La violence que tu prônes l’artiste, c’est celle de réaction, je me trompe ?
— Et de l’attitude. La réponse à la brutalité.
— Encore une question de vocabulaire pour certaines et certains.
— Il me fatigue celles et ceux qui ne veulent pas saisir la nuance. Ça confond ‘exergue’et ‘exècre’: « Le principal c'est que je me comprenne Julien. »
— Moi là je t'avoue que je ne comprends pas ?
— Si elle nous lit, elle oui. Il y a des mots tabous dans notre société occidentale, et je mets ’violence’ sommet de la pyramide.
— C’est très Chrétien.
— Elle croît s’être émancipée de la soumission alors qu’elle a juste basculé dans la prostration sans s'en rendre compte.
— Ah je crois que je vois de qui tu parles à présent. La libertaire inconséquente, Inès la tunisienne. Cette conversation tu vas la sauvegarder n’est-ce pas ?
— Oui.
— Te rends-tu compte que tu deviens de plus en plus didactique ?
— En effet Stéphanie. C’est parce que je m’apprête à écrire un texte qui le sera totalement, et qui ne sera ni partagé, ni envoyé, mais qui sera lu.
— C’est ce que tu croyais l’artiste. Trois ans après tu l’as mis sur ton site.
— Il n’y est plus et il va revenir. J’aurais préféré qu’il reste dans la sphère privé.
HISTOIRE 25
1/2
— Je n'aurai pas les masques pour demain Julien, j'en suis absolument désolée. Je suis malade depuis hier, fatigue ou stress, la seule activité que mon corps tolère est de passer du lit au canapé. J’espérais aller mieux aujourd'hui, mais je suis dans le même état. Je prie pour être sur pieds demain, même si je ne pourrai pas coudre non plus car j'ai des rendez-vous. Je vais essayer de les faire au plus vite, je te tiens au courant.
— Il n’y a pas d’urgence Stéphanie, moi-même je suis resté au lit ce matin.
— Ah bon. Et pour la mise en place de ton exposition au Bistroquet ?
— Je l’ai déjà faite. Comme tous les matins, j’ai commencé entre 6h30 et 7h et j’ai fini un peu avant 9h. Mais comme souvent, je rentre chez moi juste après et je fais une sieste. Aujourd’hui j’ai traîné.
— Il faut dire qu’une semaine à ce régime et par ce froid, ça relève du marathon si ça doit durer tout le mois de décembre.
— Je m’en rends compte, la première semaine l’adrénaline permet de surmonter la fatigue, c’est maintenant qu’il va falloir je sois endurant. J’ai un système qui est en train de se mettre en place, avoir mes tirages photos prêts pour le day-one, protégé ou non, selon le lieu où j’expose.
— Tes tirages ne s’abîment-ils pas ?
— Oui, mais ce n’est pas très grave, le jeu en vaut la chandelle, si j’ai un acheteuse ou une acheteur, elles ou ils peut très bien m’acheter une photo à une dimension autre que celle à laquelle j’ai choisie de l’exposer.
— Donc il faut juste que cela reste présentable.
— Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave non plus. Quand mes œuvres sont trop abimées, je les transforme.
— Et leur prix double c’est bien ça ?
— Exactement, mais de fait ce n’est plus une photo, ni un Dessin. Cela devient une œuvre plastique. Après le day-one, chaque jour qui passe, je peux commencer à rajouter les dessins, ceux qui sont déjà prêts ou ceux que je réalise pendant la durée de l’exposition. Selon, comme je l’avais fait au Panier, je peux exposer les dessins en cours sans qu’ils soient achevés.
— Dans l’absolu tu pourrais arriver en fin d'exposition qu’avec uniquement des dessins et plus aucunes photos, n’est-ce pas ?
— True. Et c’est ce qui va se passer sur mon site internet, mais sur un temps long.
— Tu veux arrêter la photo Julien ?
— Non, j’aime trop cette activité liée à ma pratique de la marche, mais ce que j’aime prendre par dessus tout en photo c’est la vie, et il faut bien se rendre à l’évidence, le droit à l’image me l’interdit. C’est pour cela que je vais très rapidement mettre des logos ‘SUCE MA BITE’ sur toutes les images sensibles.
— Tu pourrais faire signer une décharge comme d’autres photographes le font.
— Non, je ne veux pas rentrer dans cet engrenage. Je continue à exposer mes photos sur mon site internet ou dans différents lieux, avec l’option de rajouter logo magique ou de re-dessiner la photo.
— Ça me plaît.
2/2
— Peut-être te rappelles-tu que je t’avais demandé si tu allais sauvegarder nos conversions pour cette histoire ?
— Oui Stéphanie.
— Est-ce que l’archiviste que tu es sauvegarde tout ?
— Grand dieu non. Toutes mes photos mais certainement pas tous mes textes, qui comme pour mes images passent d’abords sur les réseaux sociaux. Je prends le risque de la censure et je les récupère que quand je décide de les faire exister de manière autonome.
— Tu m’as aussi dit dans un post que sur ton compte @triplejulienalbertini que très certainement très peu de personnes lisent tes textes, que tu faisais tes exercices sur Instagram.
— En l’occurence c’est Olivier l’ébéniste qui me l’a dit. Il a raison, je fais mes gammes tout le temps, quand j'écris un e-mail, un SMS, quand j’envoie un message sur Messenger, ou sur une quelconque autre messagerie privée. Et bien sûr quand j’écris une lettre.
— Et tu t’en sers pour écrire tes dialogues sur les réseaux sociaux. Ça doit en choquer quelques unes et quelques uns.
— Pas toi en tout cas.
— Mais moi aussi j’écris l’artiste, je connais les processus de création.
— Il est certain que je n’invente rien. Mais tu sais, certaines ou certains, comprennent très vite, et sont même flattés parfois de se retrouvé dans le jeu artistique. Il y a un avantage qui vaut de l’or pour moi, on ne m’appelle plus et on ne m’envoie plus de messages, ni pour me parler de la météo, ni pour me faire un numéro de séduction à trois balles. Et surtout on ne menace plus.
— Ton téléphone ne dois pas souvent sonner Julien.
— Moins il sonne, mieux je me porte. Ce que je privilégie ce sont les rapports directs.
— Pourtant c’est évident quand on voit ton travail photographique.
— Sache une chose, je n’ai pas le temps comme le faisait Jean-Paul, de noter tous les idées qui me viennent de peur de les perdre. Ces quelques lignes je les écrites en après-midi, mais c’est le matin à mon réveil que mon flux est le plus fluide et le plus rapide. Parfois avant de m’endormir le soir, des idées me viennent pour le texte que je prévois d’écrire le lendemain matin. Je ne les notes pas. Et bien vous pouvez être sûre madame qu’au moment de coucher l’histoire sur le papier, l’idée qui jaillit est bien meilleure que celle que je pouvais trouver bonne la veille.
HISTOIRE 26
1/3
— Maintenant d’où vient le danger Julien ?
— Tout le monde en parle Olivier. Ce n’est plus le Covid 19, c’est de mourir de faim. Et nous n’auront pas droit à un décompte pour celles et ceux qui disparaîtrons de la sorte.
— Non je parlais pour toi l’artiste.
— Ça pourrait venir de la boule de haine dictatoriale. Elle m’a agressé devant témoins et la libertaire inconséquente était aux premières loges. Nous étions en paix ce soir là tous les deux. Moi je déjeunais dans le restaurant juste en face en attendant de pouvoir décrocher les deux seules photos que j’avais laissées, et on peut dire que l’ambiance était plutôt détendue.
— Tu étais aussi en paix avec la boule ?
— Non avec Inès la tunisienne. Je soupçonne d’ailleurs que ce soir là elle ne soit pas venue seulement pour accomplir son service à Saveur Incipide le le resto’ branchouille de la Comorienne, mais plutôt en renfort à la boule qui lui aurait demandé de venir en prévision d’un écart de ma part.
— C’est assez cocasse quand on sait ce qui s’est passé par la suite l’artiste.
— Pour le moins L’ébéniste. J’ai attendu qu’il n’y ait plus un seul client et j’ai demandé à la libertaire si je pouvais récupérer mes œuvres : « Bien sûr Julien. » Et Nadjat qui ne m’avait pas adressé la parole de la soirée, ni même un regard, me dit : « Je veux celle-là. » en me montrant le portrait de Boris. Je regarde la libertaire et lui fais part de mon étonnement. Elle n’évite pas mon regard, mais un voile tombe, même pas la double-face que je lui connais et que j’ai prise en photo. La boule insiste, je pose ma tête contre le mur et je supplie la tunisienne de faire quelque chose : « Non Julien. » Je me retourne, je la regarde encore une fois, elle ne bronche pas. La boule réitère sa demande avec le ton dictatorial qu’on lui connaît. Après l’abattement dont j’ai fait preuve quelques secondes au part avant, je ressens la même chose que quand les marlous m’ont craché à la figure, je suis serein. Je peux faire ce que je veux.
— C’est là que tu as repris la photo que tu lui avais offerte de ta main tenant la carte de transport de sa grand-mère qui était accrochée juste au dessus du diptyque que tu venais récupérer.
— Oui Olivier : « NON PAS MA GRAND-MÈRE JULIEN ! » Faut en tenir une couche pour confondre une photo avec un être mort.
— Ou vivant d’ailleurs. Et là elle se jette sur toi.
— Tu sais le pire dans tout ça, c’est que la libertaire a pris fait et cause pour sa patronne : « Tu lui as pris sa photo Julien, ce qui s’est passé c’est ta faute. »
— Elle est gonflée celle-là. Elle aurait pu intervenir et rien ne se serait passé. Je comprends maintenant pourquoi tu lui as dit : « J’appelle ça une pute. » Et la veille elle te disait qu’elle t’aimait encore.
— Oui, mais depuis notre dernière virée sur Arles, où elle s’était mis une taule de jour comme de nuit, je savais bien ce qu’elle aimait encore en moi, et ce n’était certainement pas mon être.
— Et la boule de haine dictatoriale t’a menacé avec un couteau devant témoin quelques jours après : « Si ce n’est pas moi qui te le plante dans le bide, ce sera quelqu’un d’autre. » Mais pourquoi la boule qui t’appréciait tant, t’as pris en grippe juste avant L’exposition prévue dans son lieu ?
— À cause d’une influence en connivence extérieur.
2/3
— Tous ces textes n’aurait jamais existé Julien s’ils avaient tous fait ce que tu leur avais demandé, n’est-ce pas ?
— Si Comorienne m’avait présenté ses excuses en publique Olivier, le premier segment de cette HISTOIRE n’existerait pas.
— Et qu’as-tu demandé à Inès ?
— Qu’elle fasse ce qu’elle m’avait dit qu’elle ferait : « C’est une super idée Julien. Je ne savais pas quoi t’offrir pour ton anniversaire. Une capote géante pour ton sac 120 l. Pour le passage en soute pour tes voyages long-courrier. C’est dans mes cordes d’artisane couturière. Je suis contente pour toi, cette fois-ci quand tu partiras ce sera la bonne. » Je lui ai répondu : « Toi aussi tu vas reprendre la route et on se recroisera, j’en suis certain. Tu vas te débarrasser de ton addiction, mais tu ne pourras plus jamais boire comme je le fais. Tu as franchi le Rubicon, maintenant tu dois rester à sec pour le reste de ta vie. »
— Et tu penses qu’elle en est où ?
— Je ne sais pas, mais sincèrement ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. Si je devais lui envoyer un SMS aujourd’hui, il y aurait des chances qu’elle le lise, mais elle n’y répondrait pas.
— De toute façon tu m’as dit que tu n’avais plus rien à lui dire.
— C’est exact Olivier. C’est elle qui a peut-être encore une chose à me dire ? J’espère me tromper, mais si mon intuition est juste, ce n’est pas quelque chose qu’elle pourra me cacher très longtemps.
— Tu pense que la petite pute bourgeoise à débarrasser le planché l’artiste ?
— Va savoir ce qu’elles et ils se sont racontés. Qu’est-ce que ça peut bien me foutre maintenant que ces deux poivrotes partagent encore le même appartement ?
— Fuck Off!
— C’est ce qu’elle m'a dit de leur dire aux marlous.
— C’est son frère qui te l’a dit en français.
— Par deux fois. La Libertaire trouve ça bien moins chic, même si comme toi elle est incapable de tenir une discussion dans la langue de William. Qu’on m’insulte ça me glisse dessus comme un pet sur une toile ciré, par contre adopter la posture de celle ou de celui qui contrôle alors que c’est moi qui ai les cartes en main, c’est le détail qui m’a fait démarrer avec son frère.
— Ça n’est pas très stratégique l’artiste.
— Non, l’expression de ma violence est souvent de ne pas vouloir prendre le contrôle, regarde où ça a mené la tunisienne de jouer sur plusieurs tableaux. Elle s’est tirée une balle dans le pied.
— Tu veux dire par là que comme tu l’as dit à La bolognaise végétarienne : « Ce qui est sûr c’est que tu ne rencontreras pas un autre homme comme moi. »
— Tu vois Olivier tu commences à thématiser la langue de Jane.
— Si tu l’avais écrit en italien ça aurait été plus facile pour le corse que je suis.
— Il y a une dernière lettre que je vais envoyer à la bolognaise aujourd’hui. Je l’ai traduite en italien et je te la ferai lire, tu vas te poiler.
— Mais comment fais-tu ?
— Google Translate.
3/3
— As-tu fini ta mise en place Julien ?
— Oui.
— As-tu déjà eu des ventes ?
— Qui se sont concrétisées, pas encore. Serais-tu intéressé René ?
— Ah non grand dieu, pas moi.
— Tu n’as pas d’argent à mettre là-dedans, je comprends. Et tu voudrais savoir si d’autres seraient capables de faire ce que toi tu trouves inconcevable.
— Ben oui.
— Tout celles et ceux qui me posent la question que tu viens de me poser l’indien, auraient plus vite fait d’affirmer : « C’est de la folie de vendre de simples photos et dessins à ces prix là ! »
— Voilà pour qui tu œuvres Julien. N’attends aucune reconnaissance.
— Je sais Olivier, je ne finirais pas comme Nick.
— “Justice is not about popularity.”
— “No is not. But politics is.”
— Là aussi tu te mets le doigt dans l'œil l'artiste : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus con. »
— Tu es avec eux ?
— Non, mais je ne suis pas avec toi non plus. Voir Christiane en 2027 est une douce utopie. C’est certainement ce qui pourrait nous arriver de moins pire pour pouvoir traverser ce qui nous attend, mais ils ont déjà abdiqué. Tu l'entends tous les jours et tu le vois. Je te l'ai déjà dit : « C’est foutu. ». Il n'y a que ta survie qui compte à présent.
— Je sais qu’un jour la photo s’arrêtera pour moi comme pour Henri. Le dessin j’avais arrêté pendant plus de 20 ans et si je finis vieux et complètement sénile, ce sera avec un crayon dans la main gauche. Mais ce qui est en train de prendre toute la place ce sont les mots. Edgar a dit un jour à Stéphane : « Je suis à présent un peintre reconnu. J’ai beaucoup d’idées et je pense que je vais me mettre à écrire. » Et Stéphane lui a répondu : « Ce n’est pas avec des idées qu’on écrit des histoires mais avec des mots. »
— Continue, mais alors fais ce que je t'ai dit et anonymise ce qui doit l’être. Il faut que tu vises l'universel avec tes HISTOIRE. Utilise le dessin et l’écriture. Continue ta pratique de la photographie, mais change ta manière de l'exposer. Tu as ton logo ‘SUCE MA BITE’, sers-t'en, sur tes Lieux d'Expositions, sur les réseaux sociaux et sur ton site internet.
— Hier j'ai recroisé Lolo du Lounge Étoilé et il m’a donné le même sourire auto-satisfait qu’il avait eu quand il m’avait volé mes affaires que j’avais posées sur une des tables des négociations.
— Écris ce qui s'est passé, parle aussi de Yassine l’offusqué, et comme pour celles et ceux dont tu viens de parler précédemment, passe à autre chose. Sois tout le temps sur tes gardes, à Marseille comme ailleurs. N’aspire surtout pas à la tranquillité. En ce moment et pour les années qui viennent, tu ne la trouveras nulle part.
HISTOIRE 27
1/2
— Salut Alfredo, tu m'avais demandé si j’allais pouvoir te recevoir sur Marseille au mois de décembre pour que tu puisses venir voir ma dernière exposition au Bistroquet. Les conditions sont spartiates dans mon nouvel habitat, mais ça me paraît faisable. J’en suis au deuxième jour et la réception de mes Photos et dessins est plutôt bonne. Nous n’avons pas encore eu le temps de parler Cinéma tous les deux. Celui de ton pays, comme le coréen, sont pour moi au sommet du Cinéma Mondial depuis quelques années. La Región Salvaje avec Post Tenebras Lux sont à mes yeux les deux films qui parlent le mieux de la viiolence de notre monde contemporain.
— Je te remercie Julien, je suis content des bons retours que tu as eu pour l’instant pour ton exposition et je suis sûr que tu auras le succès que tu mérites, malheureusement jusqu'au 15 décembre je ne suis pas à Avignon. J’aurais aimé voir ton choix d'images ; tu me raconteras quand on se reverra.
— L’exposition devrait durer tout le mois de décembre tu sais.
— On verra alors à partir du 15. J’ai vu le film de Carlos, mais pas celui d'Amat. J’ai trouvé dans la bande annonce de ‘Región Salvaje’ que tu m’as envoyés, quelque chose de similaire à ton univers.
— Salut les gars, alors c’est aujourd’hui que je vous prends en photo.
— Non, demain Julien.
— On sait ce que ça veut dire demain à Marseille. Quel secteur vous attaquez aujourd’hui ?
— On va être dans le 7ème arrondissement de Marseille.
— Il y a du boulot là-bas ?
— Y’en a de partout des tags l’artiste.
— Et les affiches vous faites aussi ?
— Ouais au karcher, ça va assez vite. C’est quand que tu poses tes affichettes pour ton exposition ?
— Dans la semaine normalement.
— On va te les dégommer, hein Boudjemaa ?
— Nous c’est comme The Good, the Bad, And the Ugly. Pas de quartier, on fait place net.
— C’est qui le bon ?
— C’est Boudjemaa Senior et moi je suis la brute.
— Alors toi Badro tu es le truand. Ça signifie quoi ton prénom ?
— Demie-Lune.
— Et Boudjemaa ça veut dire volontaires, efficaces, entreprenants, actifs et courageux. Ils ont une puissante personnalité et aspirent à diriger et à commander. Ils savent briller, impressionner et attirer le regard sur eux. Ils méprisent la médiocrité et ne sont pas faits pour les rôles subalternes.
— Toi t’es allé sur internet faire tes recherches.
— C’est tendu en ce moment tu sais Julien. Les fachos, et pas seulement eux, nous mettent tout sur le dos.
— Et comment veux-tu ne pas être violent quand tu es agressé en permanence l'artiste ?
— Diviser pour mieux régner Boudjemaa, cette une tactique qui n’est pas d’aujourd’hui.
— power is number et ils le savent bien. On est pareil toi et moi. Que je sois musulman et toi je ne sais pas trop, quelle importance.
— Ils veulent éviter à tout prix la luttes des classes. Bon demain alors ?
— Incha'Allah.
2/2
— Tu ne peux pas savoir Christian, le nombre de personnes qui peuvent être outrés à la seule évocation du mot ‘violence’.
— Maintenant que nous sommes deux à porter le même prénom dans tes HISTOIRE(s), il va falloir que tu me trouves un surnom l'artiste.
— L'Érudit ça te convient ?
— C'est très bien. Reprenons, tu en as déjà parlé du tabou que représente le mot ‘violence’, dans une autre HISTOIRE : « C’est très chrétien ».
— Prôner la non-violence Julien, ça peut aussi vouloir du bon peuple qu’il reste docile.
— Toutes celles et ceux avec qui j’ai pu discuter et qui défendent ce concept, me parlent systématique de Mohandas.
— Mais sa non-violence était particulièrement violente envers le pouvoir colonial. Certes il a libéré son pays du joug des anglais, mais il n’a pas remis en cause les castes qui ont encore cours aujourd’hui dans la société indienne.
— Tu sais j’ai vécu en Afrique du Sud l’érudit, et avec Nelson c’est peu ou prou la même chose. C’était dans ses promesses de campagne, il devait augmenter la part des propriétaires terriens noirs dans son pays, ce qu’il n’a jamais fait.
— Ce sont tous les deux des révolutionnaires de palais. Si leurs légendes est si bien entretenues, c’est parce que les médias raffolent de ce genre de personnages. Thomas au Burkina Faso, lui a essayé, regarde comme il a fini, assassiné par les siens.
— Comme Samura au Mozambique, qu’on prenait pour un fou avec son doigt levé.
— Maximilien, on oublie trop souvent ce qu’il a apporté à notre monde moderne l’artiste. Tu sais qu’il voulait abolir la peine de mort ? La Terreur qu'il a instaurer en 1793, ce sont les évènements qui l’ont forcé la mettre en place.
— À temps exceptionnel, mesures exceptionnelles.
— Oui mais attention, faisons bien la part des choses, Maximilien n'était pas guidés par les mêmes idéaux qu'Emmanuel.
HISTOIRE 28
1/3
— Je me rappelle qu’à l’époque Julien, tu m’avais dit : « Je me suis jeté dans la gueule du loup. »
— Oui Olivier, c’est pour cela que certaines et certains pensent encore que je voulais ce qui est arrivé.
— C’est vrai que tu leur es bien rentré dedans sur les réseaux sociaux.
— Tout ce que j’ai dit, je ne l’ai pas inventé L’ébéniste. Et si j’ai tout balancé, c’est qu’il y avait une raison. Ils n’avaient qu’à porter plainte contre moi pour diffamation.
— Au lieu de ça, ils ne t’ont pas laissé t’expliquer et ils t’ont craché dessus par temps de Covid 19.
— Ce qu’ils voulaient surtout c’est que je réagisse violemment après leur acte brutal à 4 contre 1.
— Et à la place tu leur as souri.
— Il y en a bien eu Stevie qui s’est avancé vers moi en croyant m’impressionner, mais il a été vite retenu par Nacer.
— Après t’avoir craché dessus, un des patrons marlous t’a volé les affaires que tu avais posées sur la table des négociations qui n’en ont pas été.
— J’en ai récupéré une partie aux objets trouvés.
— Et tu aurais voulu récupérer le reste, même si tu sais qu’il est très probable que tout est fini aux ordures.
— En effet.
— Eux ont sûrement estimaient qu’avec le préjudice que tu leur as fait subir, vous étiez quittes. Mais que crois-tu qu’il va se passer maintenant Julien ?
— Tout est possible Olivier, et quoi qu’il arrive je ne porterai jamais plainte contre eux.
— Tu marches dans les rues du cinquième arrondissement de Marseille très tôt le matin, pour te rendre de chez toi à ton lieu d’exposition pour mettre en place ton installation. Et tu rentres chez toi à la nuit tombée, après avoir remballé. Ce n’est pas très prudent.
— Non, mais je n’ai pas le choix. J’ai fait acte de Violence envers eux, s’ils veulent continuer à être brutaux avec moi ils ne feront que démontrer ce que je dénonce.
— Tu veux passer pour un martyre ?
— Certainement pas, j'aime trop la vie pour ça, et mon désir de justice a ses limites.
— Il pourraient aussi tout nier et dire que tu as inventé cette entrevue avec eux, ces crachats et ce vol.
— Je te l’ai dit, tout est possible, il serait très facile pour eux de soudoyer les témoins qui étaient là, c’est pour cela qu’il faut que nous parlions de l’offusquer, car tout est parti de lui.
2/3
— C’est pour cette photo que l’offusquer à pris la mouche !? Mais on ne voit même pas sa tête à cette meuf.
— Elle disait qu’avec tous ses tatouages elle était tout de même reconnaissable.
— Mais elle sont toutes tatouées des pieds jusqu’à la tête aujourd’hui.
— C’est surtout à cause de lui qu’on s’en ait pris plein la gueule. Tu le connais toi ?
— Non. Il paraît que quelques jours après que l’artiste est pris cette photo, L’offusquer lui a servi un café qu'il lui avait commandé seul en terrasse, et que un an après, alors que l’artiste était avec Greg le cordiste, il lui a dit : « Non, toi je ne te sers pas. »
— L'artiste a mis au courant Bruce son patron et ce dernier a dit qu'il allait intervenir.
— Ce n'est pas le plus téméraire d’entre-nous celui-là.
— L’offusquer a su se mettre tous sa brigade derrière lui et cette histoire a coulé sur nos bars. Sans qu'on en connaisse aucun détail, l’artiste s'est retrouvé triquard dans tous nos endroits.
— Et le patron de L’offusquer se laisse dicter sa loi par ses subordonnés ?
— Moi je fais tout ce que tu me dis de faire.
— Ouais on le sais le petit con du Deux-Tiers au Carré, tu es un bon soldat.
— Mais c’est toi Stevie qui n’a pas laissé parler l’artiste quand il est venu s’attabler avec nous.
— Ferme ta gueule, tu as craché sur lui en dernier parce qu’on l’avait tous fait avant toi. Quand on sait que l’artiste n'a jamais mis les pieds dans ton rade, on a de quoi se poser des questions sur ton implication dans cette histoire.
— Je l’ai menacé en pleine rue tout de même. Il a eu un geste de recul.
— T’as fait comme moi, tu lui as dit de se casser après l’avoir interpelé.
— J’étais là, l’artiste n’a pas eu l’air d’avoir peur.
— Tais-toi le peroxydé, tu es toujours à deux de tension.
— Mais à présent ça ne se passe plus que sur Instagram, mais ici sur son site internet.
— Comme dit l’artiste : « Maintenant c’est gravé dans le marbre. »
— Mais il n'est personne ce type, qu’est-ce qu’on s’en branle.
— Et s’il devenait l’Artiste qu’il dit qu’il va devenir ?
— Ben on passerait encore plus pour des cons.
— Faut l’éliminer.
— Oui c’est ça, on va le kidnapper et on le torture à mort. T’es vraiment un imbécile, tout le monde saura que c’est nous.
— Y’a aussi la boule de haine dictatoriale comorienne avec le tueur fou de dieu de la tunisienne qui pourraient être suspectés.
— Franchement si quelque chose devait arrivé, tous les regards se retourneraient vers nous. C’est nous les marlous.
— Mais tu as vu ce qu’il dit, qu’on est une mafia. On ne peut pas laisser faire.
— Le gars il est demi-sicilien de Tunisie, un quart napolitain et un quart corse, et c’est nous les mafieux.
— Et c’est un natif d’ici, pas comme la plupart de notre clientèle, des expatriés poudrés jusqu’aux oreilles en quête d’exotisme ESTIVAL(e).
— Il a toujours l’ascendant sur nous et pour qu’il s’arrête il faudrait juste faire ce qu’il demande.
— Plutôt mourir.
— En tout cas, à chaque fois que tu vas croiser son regard et que tu le défieras avec le même sourire que tu as eu quand tu lui as volé ses affaires, on continuera à se ramasser la gueule sur le bitume Lolo.
3/3
— Tu sais Olivier, chaque jour qui passent il y a ces petits bars et bistrots qui malgré les restrictions gouvernementales, continuent à travailler et à lutter, et parfois à perte. Aucun des bars des patrons marlous n’ont réouverts. Ils se sont répandus dans le centre ville de Marseille comme une mafia. Je ne suis pas le seul à m’être rendu compte de leur appétit d’expansion et des dégâts qu'ils ont causé aux commerces environnants.
— La loi du Marché, tu n’y peux rien l’artiste.
— Oui L’ébéniste. Mais je trouve assez cocasse que dans la période de restrictions qui touche particulièrement les lieux où les gens peuvent de se rencontrer, que ce soit eux qui morflent le plus.
— Ils ont de quoi voir venir Julien. Ils ont eu le temps d’épargner depuis toutes ces années.
— C’est vrai Olivier, mais on ne sait toujours pas quand toutes ces escobarderies prendront fin.
HISTOIRE 29
— Bonjour Suzy. Ce portrait que j’ai fait de toi hier m’a beaucoup touché, je m’attendais à ce que nous fassions quelque chose de bien plus solennel.
— Tu dis ça parce que je suis une vieille dame ?
— Non grand dieu. La première fois que nous nous sommes rencontrés, je t’ai trouvé très élégante.
— Ah alors tu as cru que j’étais guindée.
— C’est vrai, j’avais des aprioris.
— Je suis Photographe comme toi. Certes journaliste, mais ce qui nous intéresse à tous les deux c’est la même chose. La Vie.
— C’est difficile aujourd’hui de prendre ce genre de photos madame.
— Ça l'était aussi à mon époque l’artiste. La liberté qu’on eu les photographes de la première moitié du siècle dernier est révolue.
— Toutes ces photos conformes, en famille, avec les mêmes sourires accrochés à tous les visages, c’est les ricains qui nous les ont ramenées, avec les chewing-gums, les frigidaires et tout le confort moderne.
— Tu redessines tes photos, c’est le moyen que tu as trouvé pour dénoncer ?
— Aussi avec mon logo…
— Hey pas avec moi jeune homme.
— J’allais dire dégeulasse.
— Très bien. Lier L'Intime aux problématiques sociales et politiques générales, ça peut aussi être perçu comme choquant par certaines et certains, tu ne trouves pas ?
— Alfonso ne fait que ça dans ‘Y tu mamá también’. Et puis : “Everything is about sex. Except sex. Sex is about power.”
— Ah maintenant tu cites Francis. Décidément L’Indécence est une seconde nature chez toi Julien.
— De ta part je prends cela comme un compliment Suzy.
— Tu devrais te détendre, nous vivons à Marseille, c’est une ville agréable, avec le soleil et la mer que j’aime temps.
— Tu savais que pendant la révolution française, cette ville a été débaptisée. Ville sans nom. Contre-révolutionnaire, mais pas royaliste comme les chouans de l’ouest de la France. Non, juste rien. Des chieuses et des chieurs qui passent leurs temps à se plaindre en ne sachant pratiquer que le sur place. Certaines et certains espèrent encore revenir à la vie d’avant. Mais ce n’est que le début. Marseille a des chances d’être le plus mauvais endroit en France avec ce qui nous attend.
— « À essayer de vivre comme si de rien été, on se fait un beau jour rattraper par la marée. »
— Mais je vois que toi aussi tu as tes références.
HISTOIRE 30
— Bonsoir Jaques, l’érudit n’est pas là ?
— Il est un peu fatigué ce soir, on ne dînera que tous les deux si ça ne te dérange pas.
— Très bien, comment s’est passé ta journée ?
— J’ai fini de repeindre le salon de Christian.
— Tu es aussi artiste peintre n’est-ce pas ?
— Oui, mais moi à l’inverse de toi j’exècre les réseaux sociaux.
— Je les utilise mais je porte un regard critique sur ce qu’ils sont devenus.
— Ils n’ont pas toujours ainsi ?
— Non. Au tout début c’était de fabuleux outils et ils sont devenus de vulgaires services.
— Nous n’avons plus qu’à subir leur dictat alors.
— Je crois entendre ma mère sur ce que nous vivons politiquement et socialement en ce moment : « À quoi bon Julien. »
— Tu m’as dit qu’elle était malade.
— Ce sont des maladies communes à l’âge qu’elle a. Elle n’a aucune maladie grave.
— Le goût de mort l'artiste.
— Elle l’a depuis longtemps le peintre. Tu peux très bien être en bonne santé et porter ce mal en toi, surtout quand tous tes repères s’effondrent.
— Moi je lutterai jusqu’à mon dernier souffle.
— Je croirai entendre le grec. Il tient un hôtel qui se nomme L’Odyssée dans le onzième arrondissement de Marseille. Un des rares lieux dans cette ville où je me sente en sécurité.
— C’est vrai qu’avec cette hostilité ambiante, c’est dur d’être tranquille ici.
— Tu sais Jacques, j’ai récemment changé mon fusil d'épaule. C’est grâce à l’ébéniste. J’ai recentré les choses sans pour autant vendre mon âme au diable. Ma pratique des réseaux sociaux a évolué, mais uniquement dans la forme.
— Ce que tu fais maintenant sur Instagram revient au même si j’ai bien compris.
— Oui, j’écrase moi-même mes posts. Tu as déjà essayé de remonter un flux sur cette application ?
— Je t’ai dis que je détestais les réseaux sociaux.
— Et bien sur dix mille publications, je te souhaite bien du courage pour arriver à la première. Il n’y aucun outils performant mis à disposition pour naviguer sur sa propre timeline ou sur celles des autres.
— Et tu proposes quoi Julien ?
— Une application qui se grefferait aux réseaux sociaux existants. Ne surtout pas se placer en concurrence, le combat serai perdu d’avance. Proposer une version gratuite, telle que fonctionne actuellement mon compte @triplejulienalbertini, avec une limite de publications, et proposer une version premium sans limite.
— C’est ce que propose déjà Facebook, Instagram et Twitter. Comment veux-tu qu’elles et ils paient pour un service qui est déjà gratuit ?
— Ce qu’il paieront ce sera le contrôle de leurs données et un accès à leur mémoire.
— Mais tout le monde n’a pas besoin de se raconter l’artiste et encore moins de faire un effort de mémoire.
— Cela pourront continuer à bavarder sur les messageries privées, mais elles le sera vraiment. Le pillage des données se fait à tous les niveaux Jacques. Ce n’est pas seulement sur les réseaux sociaux. Tu as un Gmail ?
— Oui comme tout le monde.
— Et tu ne paies rien pour le service qu’ils t’offrent.
— J’imagine qu’ils se paient sur la bête alors. En faisant remonter certaines de tes discussions en privée, tu veux leur montrer que rien ne leur appartient sur ce qu’elles et ils croient être à eux.
— Pas principalement. Pourquoi nous parle-t-ils tous de la protection de la vie privée en ce moment, alors que leur fond de commerce est d'en avoir le contrôle ?
— J’ai lu que les ricains adorent être fichés. Ils ont l’impression qu’on s’occupe d’eux en leur proposant via des algorithmes ce qui correspond à leur centre d’intérêt.
— Passe un mois sur Netflix et je te jure que tu auras l’impression de voir tout le temps la même chose.
— Mais pas tout le monde n’est cinéphile Julien, il y a beaucoup de cinéphages. Et puis la majorité d’entre-elles et d’entre-eux accepte la soumission.
— Comme elles et ils sont en train d’accepter le régime totalitaire qui se profile.
HISTOIRE 31
— J’ai adoré cette session Scott avec tes amis et toi. Je ne m’y attendais pas et il a mieux valu. J’aurais trop imaginé ce que j’aurais pu faire et je n’aurais pas pris les photos que nous avons faites.
— Je connais d’autres endroits Julien.
— Revoyons-nous au calme, seulement tous les deux. J’ai déjà une histoire qui tourne dans ma tête.
— Comme tu voudras l’artiste, mais tu sais très bien que ce qui se passera n’aura rien à voir avec ce que tu imagines maintenant. Tu as fait plus long qu’à ton habitude précédemment.
— C’est pour cela que notre discussion à nous deux est plus courte.
HISTOIRE 32
1/3
— J’étais persuadé d’avoir sauvegardé notre discussion monsieur.
— Si tu veux la raconter il va falloir que tu fasses un effort de mémoire l’artiste. N’oublie pas qu’il te reste nos échanges par SMS.
— C’est vrai, mais je vais essayé de m’en passer.
— Tu m’as dit : « Il est beau votre keffieh monsieur. Vous savez qui porte ces couleurs ? »
— Je t’ai répondu : « Non. »
— Je t’ai répondu, et nous arrêterons avec les guillemets : « Le vert et le blanc c’est le Hamas. »
— J’en ai un autre que j’ai aussi acheté à Barbès quand j’étais sur Paris il y a trois semaines. Je peux vous le montrer j’ai une photo.
— Orange et rouge c’est au Soudan qu’ils le revêtent.
— Vous avez dû voyager pour connaître ce genre de détails.
— En effet je suis militaire.
— Quel grade.
— Commandant.
— Oh mon Commandant !
— C’est le corps qu’on demande en premier jeune homme. On dit ‘Mon’ qui est le diminutif de Monsieur uniquement pour L’Armée de Terre, Air et Services de Santé des Armées.
— Je savais pour le diminutif. Je suis l’un des derniers à avoir fait le service militaire. À Carpiagne. 97 zéro 4.
— Premier Régiment Étranger de Cavalerie. Tu étais dans les chars.
— Je ne suis jamais rentré dans un char, j’étais à l’imprimerie.
— Tu sauras à présent que pour un ‘Capitaine de vaisseaux’ on dit ‘Commandant’, ce qui équivaut à ‘Colonel’ dans L’Armée de Terre. La Marine a perdue la marque de distinction ‘Mon’, après la défaite contre les anglais à Trafalgar. L’empereur ayant décidé de punir les amiraux perdants.
— Je peux te prendre en photo ?
— Oui, mais tu ne pourras pas diffuser mon visage.
— Alors nous allons parlé de Gut et de mes 7 jours de trou avec Michaela. Mais l’histoire que j'ai promis de te raconter sera la suivante : mes deux mères juives.
2/3
— On est dimanche soir Fabien et Christophe vient préparer des hamburgers pour les livrer dans le onzième arrondissement de Marseille.
— Et toi tu es là alors que c’est ton jour de congé Laurent.
— J’habite à côté, je suis venu boire un verre.
— Dans un gobelet dans la rue. C’est vrai qu’ils sont peu à rester ouverts et à continuer de travailler malgré tout.
— Oui mais travailler à perte je ne comprends pas l’artiste.
— C’est un combattant Christophe, s’il n’avait pas Le fighting spirit, tu ne travaillerais pas en semaine.
— De toute façon tu sais tout toi Julien.
— Ça c’est vraiment la réponse de celui qui n’a plus rien à dire.
— C’est comme celles et ceux Fabien, qui veulent clôturer une discussion en finissant par : « De toute façon je fais ce que je veux ».
— C’est bon je vous laisse, je rentre chez moi.
— Bon vent et à demain. Tu es comme moi Julien, une vraie garce. Tu vois celui-là, je t’ai déjà dit ce que je pensais de lui. Et bien tu peux aller le répéter à qui tu veux, j’assume.
— Je n’y manquerai pas Fabien. Je ne tire les vers du nez à personne. Si elles et ils me racontent très vite leurs petits secrets, ce n’est pas parce qu’elles et ils me font confiance comme certaines et certains me l’ont dit en tentant de me faire culpabiliser, non c’est une histoire de surenchère.
— Tu parles sans filtre Julien, où du moins c’est ce qu’elles et ils croient, tu t’exposes et elles et ils se sentent pousser des ailes et font la même chose que toi.
— Elles et ils savent ce que j’ai bien envie qu’ils connaissent de moi.
— Il faudra que tu reparles des personas l’artiste.
— C’est prévu, et ce sera la dernière fois que la libertaire inconséquente apparaîtra dans l’une de mes histoires.
— Si tu savais ce que tu vas encore écrire dans la deuxième partie de ce tome à son sujet.
3/3
— Tu te rends compte Julien, il pleut aujourd’hui et ma patronne me demande de nettoyer les vitres. Ce n’est pas dans ma définition de fonction de vendeuse.
— Moi aussi Michaela. Pendant mon service militaire mon adjudant m’a demandé de faire la même chose un jour d’orage. Gut qu’ils l’appelaient tous, en mémoire de Johannes. Responsable de l’imprimerie. Le seul homme dont j’ai rêvé la mort.
— Tu m’a aussi dit qu’il t’avait fait balayer dans la cours un jour de mistral.
— Non, ça c’était pendant mes 7 jours de trou. Ils m’ont fait balayer autour du poste de sécurité avec un vent à plus de 90 km/h.
— Qu’est que tu avais bien pu faire pour subir une telle humiliation ?
— J’ai doublé la voiture du chef de corps. Colonel, un légionnaire. J’étais sorti de l’enceinte du camp, mais encore dans une zone appartenant au premier régiment étranger de cavalerie.
— Mais comment peut-on incarcérer une personne pour avoir doublé une voiture ?
— Excès de vitesse. Ce fut la raison officielle qui me valu de passer 7 jours dans une cellule avec des barreaux, sans lacé à mes rangers, ni ceinture, pour ne pas que je me pende.
— Ils t’ont bien niqué Julien.
— C’est comme tous le reste, ça forge. Lui je vais le redessiner de mémoire.
— Le colonel ?
— Non Gut.
HISTOIRE 33
1/3
— Je sais que je vais vous décevoir commandant. Je t’avais promis cette histoire pour aujourd’hui et je vais encore m’arrêter en chemin. En effet, les segments 2 et 3 ne seront prêts que demain ; néanmoins tu remarqueras que toute la structure est déjà en place. J’espère que les images te donneront envie de revenir quand cette page sera achevée. Hier j’ai fini un triptyque qui jouera en vedette à partir de ce matin dans mon exposition au Bistroquet. Mais il faut encore que je finisse le diptyque des dessins grands format vert et bleu que j’aimerai accrocher à partir de demain. Je sais qu’il est indispensable que je remette en forme toutes mes histoires. Il y a encore beaucoup de lourdeurs dans certaines tournures de phrases et je ne parle même des fautes qui sont à corriger. Je pensais pouvoir le faire cette semaine, mais je vais plutôt m’y atteler le mois prochain. Ma priorité sera de mettre de l’ordre dans mon travail. J’ai adoré nos échanges commandant, mais je suis persuadé d’une chose, quand tu as eu la mansuétude de partager avec moi tes goûts cinématographiques, non seulement tu as continué à me faire du rentre dedans avec assez peu de style en m’envoyant des films traitant de l’homosexualité, mais tu te fiches éperdument de ceux que j’ai pu t’envoyer. Et pourtant ‘Eastern Boy’ vaut le détour. L’ infirmière bolognaise végétarienne qui n’aime pas les hôpitaux m’a aussi fait sa prescription en bande dessinée italienne. Je lui ai fait la mienne. RanXerox. Et comme pour toi, je suis convaincu qu’elle ne l’a pas suivie et qu’elle la suivra encore moins à présent. Le gagnant dans ces histoires, et bien c’est moi. J’ai lu ‘La Prophétie Du Tatou’ de Zero Calcare et je regarderai le film que je n’ai pas vu des trois que tu m’as envoyés. Aussi bien elle que toi vous êtes restés en surface. Je te laisse le dernier mot, car tu l’as bien compris je ne discuterai plus avec toi, ni accoudé à comptoir et ni par SMS. Les deux prochains segments seront des monologues.
— Génial Julien.
2/3
La Lutte a été âpre hier. Les deux dessins grands formats que je vais finalement accrocher dans mon exposition aujourd'hui, m’ont donnés du fil à retordre et mon combat avec eux m’a plongé dans une mélancolie que toutes les personnes que j’ai croisées hier soir ont perçue. Ce matin il faut que je me ressaisisse. Je me mets dans les oreilles la playlist 1975. Avec la 1991, elle est celle qui me remet le plus sûrement sur les rails. Je ne peux pas écrire avec de la musique. À présent même pour rédiger un cours SMS je n’y arrive plus. Pour dessiner ou quand je suis dans la rue et que les photos viennent à moi, c’est autre chose, ça m’est presque indispensable. Je vais alterner, finir la rédaction de cette histoire et achever mes deux dessins en cours. J’ai l’intime conviction que LE FLUX ET REFLUX est le mouvement inéluctable de la vie. Aspirer à la sérénité s’apparente au goût de mort pour moi. J’estime que le progrès ne peut être qu'un rallongement des temps paisibles et un raccourcissant des périodes troubles. Nous sommes au tout début d’une ces périodes. La guerre pourrait advenir, et en Europe plus qu’ailleurs. Sandy, je peux le nommer par son prénom, il n’en a rien à faire, est sûrement l’être le plus mélancolique que je connaisse. Il est née comme moi en 1976 et il a été un beau jeune homme. Il parle de cette époque comme la plus belle période de sa vie. Chez lui sa télévision tourne en permanence sur une chaîne d’information en continue, c’est désespérant. Je sais que je lui ai plu dès notre première rencontre, il n’a pas eu besoin de me le dire, je l’ai vu dans ses yeux. J’ai passé trois nuits chez lui et nous avons dormi côte à côte comme deux amis, partageant son lit et pas uniquement le pain comme l’auraient fait deux copains. Jamais un geste tendancieux. Quand je lui ai dit que j’étais tristement hétérosexuel, ça l’a fait rire et il m’a répondu : « Moi je suis un gros pédé Julien ». Ça ne l’a pas empêché de continuer à faire des allusions, mais elles étaient toujours fines et servi au bon moment. Nous avons beaucoup ri ensemble, mais ce que nous avons vécu, nous ne le revivrons plus. Il m’a habillé, m’a fait marcher avec des chaussures à talon dans son appartement pour travailler mon maintient, m’a nourri et m’a blanchi. Il s’est occupé de moi comme une mère. Je dois avoir encore quelques caleçons et quelques chaussettes chez lui. Et moi j’ai une jolie paire de gants en cuir marron et plein d’autres babioles qu’il m’a donné. Mais surtout j’ai teeshirt qu’il avait acheté à la fin des année 80 et qu’il n’a jamais porté, où il est écrit dessus ‘KISS THE FUTURE!’.
3/3
Ma seconde mère juive, celle-là me fait penser au Baron Arkonnen dans le film de David. Libidineuse et purulente. Lui aussi a été un beau et robuste jeune homme. Brillant et prétentieux car cela va souvent ensemble. Je l’ai prévenu, mais il a continué se croyant fin mais étant aussi lourd qu’une enclume. Un jour alors que j’avais dû quitter l’appartement de la libertaire inconséquente en catastrophe, il a eu la gentillesse de m’accueillir chez lui. Le lendemain il s’est permis de me toucher la bite : « Aujourd’hui on ne sert plus la main par temps de Covid 19 Julien. » Il a recommencé le jour d’après. Je l’ai laissé faire. Il s’en ai vanté auprès de la boule de haine dictatoriale. C’est drôle aujourd’hui de se dire que je les ai présenté l’un à l’autre. Tous les deux avec Sandy, ont eu le même regard sur moi. Sandy sait comme moi que l’amour comme la haine c'est de la merde. Au Baron j'ai fini par lui dire : « Je t’encule jusqu’à la gorge gros pédé. » Et il n’a plus posé ses mains sur aucune partie de mon corps.
HISTOIRE 34
1/3
— Tu prends vraiment notre derniers échanges si peu au sérieux Julien ?
— Je t’ai dit que ce serait expéditif Olivier. J’ai relu et remis en forme avant de me lancer dans la rédaction de cette histoire.
— C’est tout même mieux de rendre les événements cohérents l’artiste.
— Nous avons à présent sur @triplejulienalbertini un maximum de 90 publications, dont 9 qui forment 3 triptyques d’avertissement l’ébéniste.
— Donc si nous devons parler de publications pures, il y en a 81 et ta mosaïque est entrecoupée de 3 messages indiquant que : « TOUTE IMAGE SERA SUPPRIMÉE DE CE COMPTE SUR SIMPLE DEMANDE » tous les 27 posts.
— Et s’agissant de @tripleaim je n’efface plus rien.
— Ce compte correspondrait donc la version premium de ton projet alternatif aux réseaux sociaux, tandis que @triplejulienalbertini serait la version gratuite.
— C’est exact.
— Qu’est-ce qui t’as fait changer d’avis sur le fait de passer le compte @tripleaim en version premium ?
— Disons qu’il est intéressant de se servir de mon compte commun sur Instagram pour démonstration. Mais c’est surtout parce que j’ai créé un nouveau compte Facebook et que je me suis rendu compte que si je n’effaçais pas mes publications sur cette plateforme, je n’avais pas de raison de le faire sur celle-ci.
— Tu aurais pu t’en rendre compte plus tôt Julien, en claquant ta pratique de publication sur celle déjà pratiquée sur Twitter.
— Je suis d’accord avec toi Olivier. Il facile à postériori de se dire que bien des circonvallations auraient pu être évitées. Mais rappelons que nous étions en phase d’expérimentation.
— Et maintenant tu bascules au stade industriel ?
— Il ne faut pas exagérer, nous sommes plus proche de L’artisanat pour l’instant.
— C’est tout ?
— Oui, nos discussions prennent fin ainsi.
— Pour la première partie de ce tome Julien, mais ça tu ne le sais pas encore.
HISTOIRE 35
1/3
— J’ai peur monsieur, je suis complètement déprimée. Je crois que c'est Dieu qui est en train de nous punir.
— L’Apocalypse madame. Jesus la prônait lui aussi. D’autres avant lui et encore d’autres après.
— Ne parlais pas comme ça monsieur.
— Mais c’est la stricte vérité et il était considéré comme un magicien à son époque. Rappelez-vous, il a marché sur l’eau tout de même.
— Vous vous moquez.
— Comment vous appelez-vous ?
— Aurida, ça veut dire petite fleur.
— Vous êtes musulmane.
— Oui. Algérienne et vous ?
— Moi je suis méditerranéen comme vous. Sicilien de Tunisie corse napolitain. Je m’appelle Julien.
— Et vous ne croyez pas en Dieu n’est-ce pas ?
— Regardez le soleil qui perce juste maintenant. Nous voyons et ressentons la même chose tous les deux.
— C’est Dieu pour moi.
— John dans son morceau God nous dit : “I don’t believe”.
— C’est impossible pour moi, je me sentirai trop seule.
— Et à la fin de sa litanie il dit : “I just believe in me”.
— Ce n’est pas vrai, il finit la chanson en disant : “And Yoko”.
— C’est vrai. Mais moi je crois qu’elle n’est pas si importante que ça. En tout cas qu’elle n’est pas aussi indispensable qu’il le dit. Et pardonnez-moi si ça vous choque, elle est même remplaçable.
— Mais ce n’est pas un objet tout de même.
— Non, mais elle a un rôle à remplir, comme lui pour elle. Et nous savons que les dysfonctionnements dans un couple viennent souvent de là.
— Il y a une sorte de sagesse dans vos paroles, mais il y autre chose.
— De la violence.
— Oh mon Dieu.
— Rassurez-vous madame, c’est nous qui allons survivre à cette époque car nous sommes des Coriaces.
— Inch'Allah.
2/3
— Ton triptyque(S){PANORAMIQUE(s)} est toujours en bonne place chez moi Julien.
— Ça me fait plaisir Laurent. Et la photo que j’avais prise de nuit sur la plage du Prophète, elle a plu à ton oncle ?
— Oui beaucoup.
— C’est toi qui m’avait parlé des Persona(S) à une époque.
— Oui, il y en a 3. Il y le persona qui correspond à ce qu’on est, celui que l’on veut être, et celui qui est perçu par les autres. Plus les écarts sont grands entre eux, Plus les risques d’avoir des troubles du sommeil sont élevés.
— C’est toujours un plaisir de discuter avec toi Laurent, j’apprends toujours beaucoup de choses à ton contact, mais tu m’insupportes.
— Ah bon !?
— oui rappelle-toi, tu fais une courte apparition dans l’HISTOIRE 8. Et tu as beau être l’un de mes meilleurs acheteurs, je ne peux pas m’empêcher de te dire d’aller te faire foutre. Tu es certainement une des personnes les plus inconséquente que je connaisse et qui a plus peur de ce qui est en train d’arriver. Avec tout ce que tu emmagasines et que tu sais, comment peux-tu rester les bras croisés ?
— Tu l’as dit toi-même l’artiste, j’ai peur.
— Laurent, tu feras parti de la première charrette avec toutes ces prétentieuses et prétentieux que j’ai côtoyé au temps de la girl du Dép’ qui habitent dans ton quartier et grâce à Dieu qui n’est plus le mien.
3/3
— Je te préviens Julien, si tu n’a pas déposé les armes, je ne discuterai pas avec toi.
— Mais je fais ce que je veux ici la libertaire.
— C’est notre dernière discussion et ma dernière apparition, ne voudrais-tu pas un peu plus d’apaisement entre-nous ?
— C’est vrai que cet échange a pour objet de mettre un point final.
— À ma présence ici, n’oublie pas que rien n’est rédhibitoire avec toi.
— Tu as raison.
— Je comprends que tu m’es ramené une dernière fois sur cette histoire. J’ai bien compris ce qui s’est dit avant, le message est passé. Que veux-tu d’autre ?
— Il n’y a rien à rajouter.
— C’est donc moi qui vais prendre la parole. Quand tu parles de la chanson de John à Aurida, c’est la même chose qu’avec Romeo and Juliet de William. Rappelle-toi, au tout début Romeo est transit et il veut mourir à cause d’un amour malheureux, mais il n’a pas encore rencontré Juliet. Elle ou une autre c’est ce que nous mettons de nous dans l’autre qui a réellement de l’importance.
— Fais attention la libertaire on pourrait mal comprendre ce que tu viens de dire.
— La projection de toi.
— Encore !
— Arrête cabot. Si les yeux qui te servaient de miroir disparaissent, tu as juste à reprendre la route pour croiser d’autres regards. Cette connasse de bolognaise végétarienne te l’a démontré. Et s’agissant de la prédiction de la Diseuse de bonne aventure qui parle aux abeilles, ses cartes étaient pipées l’artiste.
— Tu as autant de violence que moi en toi. J’ai joué avec cette prophétie. Je ne crois pas en toutes ces sornettes, signes astrologiques et autres balivernes. Je serai donc un Gémeau Ascendant Vierge Dragon De Feu. Ce qui nous définit ce sont Les époques. Quand et où nous sommes nées et quand et où nous vivons. Notre Passé et notre Présent.
— Et nos Origines. Tu n’as plus l’air d’être dans l’urgence à présent, je me trompe ?
— Pour mes histoires je ne le suis plus. Je vais me poser le mois prochain, mais j’ai encore beaucoup de travail.
— Pense à faire un peu de ménage chez toi, ranger ne suffit pas.
— Hey!
— Suce ma bite. First, you lost.
HISTOIRE 38
1/3
— Tu ne respectes pas la chronologie des événements dans ta playlist TRAILER sur Youtube Julien. Le procès de Georges a eu lieu après le discours de Louis Antoine. Il est monté à la tribune de la Convention en 1792 et…
— C’est bon, tu as fait la démonstration de ta science Charly. Je suis d’accord avec toi il faut replacer les évènements dans leur contexte. Mais comme dans 21 Grams de Alejandro, nul besoin de commencer par le début pour raconter une histoire.
— Là fils c’est de l’Histoire et plus particulièrement de celle de France dont nous parlons ensemble. Moi si je dis ça c’est pour ton bien.
— La condescendance est ton péché mignon cher père et j’ai pu remarquer avec le commandant et avec d’autres avant lui, que c’est le plus souvent un aveux de faiblesse. Ne pourrions-nous pas juste évoquer ce que dit Georges dans l’extrait du film de Andrzej ?
— Il a dit aussi : « Moi un vendu, mais je suis impayable. »
— C’était un as de la réthorique, un être complexe, mais surtout je crois qu’il a été bien plus honnête que certaines et certains.
— Quand on a plus rien à perdre comme à ce moment de son procès, on peut lâcher les chevaux Julien.
— Et donc selon toi, il n’y a que quand on est dos au mur que l’on peut être honnête alors ?
— C’est plus facile.
— Quand il dit au bourreau : « Tu peux montrer ma tête au peuple, elle en vaut la peine. » Il a des couilles tout de même ?
— C’est sûr que Jacques-René, qui nous mettait du ‘foutre’ à chaque début d’article dans son journal Le Père Duchesne, lui s’est fait pipi dans la culotte devant la guillotine. Mais où veux-tu en venir Julien ?
— Les homme faibles ne sont peut-être pas ceux que l’on croit Charly ?
2/3
— Tu remarqueras que tous ceux qui se lèvent pour applaudir Louis-Antoine, se sont fait raccourcir Julien.
— À un détail prêt Charly, c’est que celui qui ouvre le bal, Jean-Paul, s’est fait assassiner dans sa baignoire par Charlotte.
— Ah tu vois que toi aussi tu crânes l’artiste.
— Je suis sûr que beaucoup d’entre-elles et d’entre-eux me taxent de mégalomanie quand je me qualifie ainsi, mais le premier à m’avoir appelé comme ça c’est toi. Et nous savons qu’à Marseille c’est bien plus un qualificatif péjoratif qu’une marque de respect.
— Tu te sers de tes textes pour expliquer tes intentions. Tu crois que je n’ai pas vu que tu ne mettait jamais de majuscule à l’artiste ?
— C’est bien que tu es perçu ce détail cher père.
— Nous t’avons obligé à être didactique ce que tu exècres par dessus tout, mais tu ne peux pas t’empêcher de faire les choses à ta manière. Tu ne m’appelleras donc plus papa ?
3/3
— Regarde Julien ce qu’il adviendra en fin de parcours. C’est François-René qui l’a écrit dans ‘Mémoires d’outre tombe’ : « Le vice appuyé sur le bras du crime. »
— Mais la mort est au bout du chemin pour chacun d’entre-nous Charly. Ça a toujours fait parti de l’équation de départ. La Lutte aussi.
— Je suis vieux mon fils, je n’ai plus la force.
— Allons papa, il n’y a pas que l’intérêt à la politique, la passion de l’histoire ou du cinéma que tu as insufflé en moi, il y a aussi la musique. Le Rock’n Roll putain de merde !
— Je n’écoute plus la musique comme avant, parfois à la radio en passant, sans choisir.
— Quand je te parle de lutte des classes, tu me traites de gauchiste. Ne vois-tu donc pas que les mots ont sens ? Être socialiste, ce n’est pas avoir sa carte du parti.
— Ce sont les hommes qui incarnent les idées Julien et pas l’inverse. Celles et ceux de notre camp ne sont clairement pas à la hauteur des enjeux d’aujourd’hui.
— Alors laissons Emmanuel faire la courte échelle aux fascistes. Il a tout de même osé écrire un livre de campagne dont le titre est ‘Révolution’, sans que celles et ceux qui l’aient eu entre les mains n’y trouvent rien à redire.
— Tu parles là des bon amis de la girl du Dép’. Je te l’ai dit quand tu étais encore petit, il n’y a rien de pire que les centristes, ils n’ont aucune colonne vertébrale, des mollusques. C’est un passage éclair que tu me laisses faire ici. Si tu as décidé de ne plus parler avec l’ébéniste, avec qui vas-tu parler à présent mon fils ?
— Avec Jean-Claude, ton cousin qui est décédé juste avant ma naissance et que tu aimais tant.
— Il est mort dans un accident de voiture, il n’avait même pas trente ans. Il était croupier. Il aimait les femmes et les femmes l’aimaient.
— Je connais son histoire, tu me l’as raconté mainte fois. Quand on a proposé à Éliane de m’appeler par son prénom en vous promettant que je devienne l’héritier d’une petite fortune, la sicilienne a répondu : « On ne nous achète pas. » Comment as-tu pu me dire récemment qu’il aurait peut-être mieux valu ?
— Tu es un homme libre Julien, c’était une connerie de ma part d’avoir dit ça.
— Bon on arrête toutes ces jérémiades les cousins, je ne suis pas venu ici pour vous entendre pleurnicher. Faites vos jeux, rien ne va plus.
— Rouge le croupier.
— Impaire et manque l’héritier. C’est ta part de Napolitain qui parle à présent, car tu es un Santo comme moi l’artiste.
HISTOIRE 39
1/3
— Salut Julien, comment se déroule ton exposition ?
— Je suis sur les rotules Alfredo, mais jusqu’à présent tout se passe bien. Nous allons pouvoir avoir notre discussion sur le droit à l’image.
— Je suis allé sur ton site internet récemment et j’ai pu me rendre compte que tes histoires avaient pris du volume. Je ne reviens pas à Avignon en décembre, je te fais signe en rentrant.
— Molto bene, a presto.
— Non ça c’est de l’italien l’artiste.
— Pardon, une mauvaise habitude.
2/3
— C’était très risqué d’avoir transgressé le droit à l’image comme tu l’as fait Julien.
— Les transgressions ont été multiples Alfredo et j’en avais conscience. Ça ne se reproduira plus.
— Si tu savais l’artiste.
— Pour moi c’est comme cette obligation de porter un masque en ce moment.
— Tu crois vraiment que l’on peut comparer les protections qui sont mises en œuvre pour lutter contre La Covid 19 et la protection de la vie privée ?
— Dans les deux cas les libertés sont bafouées. Mais je porte un masque moi aussi Alfredo.
— Où il est marqué ‘SUCE MA BITE’.
— Je vais mettre des logos dégueulasses sur les têtes de tous les gens que j’aurais pris en photo sans leur autorisation sur mon site internet et sur les tirages qui en auront besoin dans mes prochaines expositions.
— Drastique à présent.
— Je continuerai à poster sur @triplejulienalbertini des photos transgressives, puisqu’il faut bien les appeler ainsi, mais elles auront une durée de visibilité très réduites. Et puis j’avertis bien maintenant que : « TOUTE IMAGE SERA SUPPRIMÉE SUR SIMPLE DEMANDE. »
— Ça ne te mets pas à l’abris pour autant Julien.
— Je ne ferai pas signer de décharge, je l’ai déjà dit Alfredo, je ne veux pas rentrer dans cet engrenage. Je réduis les risques en gardant autant que possible mon éthique intacte.
— Et les images à caractère vraiment transgressif l’artiste ? Celles qui se font censurer de plus en plus sur les réseaux sociaux .
— Pour elles, je ferai bien attention d’appliquer un logo sur les parties à cacher avant de les poster. Sur les tétons d’une femme par exemple, mais pas sur ceux d’un homme.
— Tu te moques de moi. Ce n’est pas moi qui est mis en place ces règles iniques.
— Non, mais à force de légiférer, on en arrive à des contradictions de ce type que tout le monde accepte par fatalisme. Ce qui revient à nous reposer la question sur les protections mise en œuvre pour lutter contre La Covid 19.
— C’est à vous les artistes à transgresser.
— Tu te contredis Alfredo.
— Avec un peu plus de retenue que tu ne l’as fait jusqu’à présent l'artiste.
— Sans Violence.
— Je suis mexicain et je t’ai dit que j’avais déjà roulé ma bosse dans beaucoup d’autres pays, je ne crois pas au monde des Bisounours.
— Je vais aiguiser et me servir de mes nouvelles armes que beaucoup trouvent désuète de nos jours. Le Dessin et les mots.
3/3
— Ta pratique est sur des rails à présent Julien.
— Ça ne s’est pas fait sans nombre de sacrifices. Et je vais très bientôt en payer le prix fort Alfredo.
— De quoi parles-tu ?
— Il faut me croire quand je dis que je ne divulgue pas tout de ma vie. J’en efface même des pans entiers que je croyais essentiels.
— Peut-être qu’un jour tu nous raconteras l’artiste ?
— Non, ça j’en suis sûr. Je laisserai le soin à d’autres de le faire, si elles et ils en ont envie, sans utiliser un quelconque droit de réponse. Je me laisserai volontiers traîner dans la boue s’il le faut.
— Si tu savais encore une fois. Fais attention l'artiste, on pourrait croire que tu veux passer pour un martyre en te comportant de la sorte.
— Allons le mexicain, pourquoi pas une victime pendant que tu y es ? Mon choix peut aussi être de faire le vide.
— Je trouve que tout ce que tu me viens de me dire à l'instant est encore plus violent qu’à l’habitude Julien.
HISTOIRE 40
1/3
— Tu ne pouvais pas juste m’oublier Julien ?
— Je ne formate pas. Je te promets comme pour mon père un passage éclair la franco-marocaine.
— Ah le sicilien, si tu savais.
— Qu’est-ce que vous avez tous à me dire ça ?
— Être passé devant ton exposition tous les jours en 2020 au Bistroquet en sortant de chez moi a bien été pénible. Quand vas-tu débarrasser le plancher ?
— Comme c’est prévu, le 31 au soir.
— Si tu savais.
2/3
— Tu est un roc Cécile.
— Je t’ai aimé Julien.
— Oh oui tu me l’as dit plusieurs fois : « Je t’aime Julien ». C’était du flan.
— Mon chéri.
— Je m’en rappelle aussi… Tu es la seule femme à qui j’ai dit : « Ma chérie. »
— C’était pour me faire plaisir ?
— Au début oui, et puis ça m’a plu.
— C’était l’expression de la tendresse que tu préfères à l’amour n’est-ce pas ?
— Il y a la tendresse, le respect de l’autre et la protection qu’on doit lui apporter.
— Mais je suis une femme, c’est à toi en tant qu’homme de me protéger.
— Que ne l’ai-je entendu cette phrase de la part de femme sois-disant libérée comme toi.
— Le beurre et l’argent du beurre, c’est ce que tu penses l’artiste.
— Tu es très forte la girl, tu comprends vite, mais tu n’es pas intelligente comme tu le crois. Tu es une spécialiste.
— Je t’emmerde Julien.
3/3
— Pas de photo de moi mon chéri ?
— Comme quoi Cécile je peux avoir de la retenue. Et la rigueur n'est pas fait pour te déplaire il me semble.
— Et dans l’HISTOIRE ?? tu t’es retenu peut-être ?
— Oui.
— C’était notre intimité Julien.
— Ça nous dépasse La girl, ce n’est pas une vendetta.
— C’est le corse qui parle maintenant.
— Arrête avec ce regard mielleux et séducteur.
— Je suis encore une belle femme tout de même.
— Je n’ai pas arrêté de te le dire. Je pourrais encore mettre en ligne la photo de toi que j’ai prise avec la lumière rouge de ma frontale quand nous étions dans les Alpes si tu veux ?
— Grand Dieu non, pas celle-là. Plutôt celle que tu m’avais envoyée le jour où tu as assisté à ce colloque sur le clitoris pendant la fête de Lutte Ouvrière dans la banlieue parisienne avec Remy.
— Tout ce que vous voudrez madame.
— Merci monsieur.
— Ne me remercie pas trop vite, revenons à cette photo rouge.
— J’ai l’air vieille Julien.
— Et tu ne le supportes pas la girl.
— C’est facile pour toi, tu fais 10 ans de moins que ton âge et tu es peut-être encore plus beau aujourd’hui que tu ne l’étais à tes 20 ou 30 ans.
— Je connais des femmes qui sont très belles et qui en ont 70 passés.
— Tu vas encore me parler d’Helen. ‘The Cook, the Thief, His Wife & Her Lover’, ce film m’a fait pleurer te rappelles-tu ? Le roc a ses fissures tout de même.
— Tu es un caméléon Cécile, Princesse à un instant et la seconde d’après la femme de pouvoir. Révulsée que tu étais par la violence qui émane du film de Peter. Ce qui ne t'a pas empêché de te taper tous les épisodes de ‘Game of thrones’ pour pouvoir en parler à tes pauses clope au boulot.
— Tu l’as dit toi-même, nous sommes tous en prison et la tienne c’est le Travail, comme moi.
— C’est le mien qui porte une majuscule la girl. Et n’oublie pas la franco-marocaine : “No matter what you do; You’ll never be one of them.”
— Avons-nous fini ici ? Je suis rincée Julien.
— Nous aurions pu aussi évoquer ta manière de gérer tes amitiés comme des investissements. Il y en a un, ton cher ami le prof’ de math que je vais me faire ici, mais quand j’aurai le temps, comme pour le portrait de Gut et la femme de L’architecte.
— Mais personne ne lit tes histoires Julien. Elles et ils ne prennent pas le temps sur Instagram, tu le sais bien.
— Je suis comme toi Cécile, je me leurre assez peu sur les incidences et les chances que ce texte soit lu par le plus grand nombre.
— Si tu savais.
— Encore ! Tout ceci nous dépasse, ces histoires sont celles de beaucoup d'autres.
— Tu m’avais promis à l’époque que tu me ferais lire avant d’éditer les textes que tu écrirais sur moi le sicilien.
— Tu a écris des textes sur mon Travail que tu n’as jamais voulu me faire lire et qui ont dû finir au feu. Ton dédain, c’est lui qui t’a mis dedans.
— Suce ma bite l'artiste !
HISTOIRE 41
1/3
— Welcome back la girl. La communication se fait à coup de taqués dans les dents n’est-ce pas ?
— Si ça a marché avec la princesse du Mans, à moi ça ne m'impressionne pas l’artiste. Je suis de la région comme toi et j'en ai entendu d'autres. Sur le sujet que tu veux aborder ici, c'est moi qui ai autorité.
— Je me rappelle que nous nous séparions et que tu prenais une année pour passer un master qui traitait des affaires culturelles et en particulier du droit d’auteur : « Sans toi je n’aurais jamais franchi le pas Julien. »
— Je ne suis pas la seule à te l’avoir dit. Mais la spécialiste va te mettre une raclée après l’humiliation que tu m’as fait subir dans l’histoire précédente.
— On m’a dit que tu n’avais pas fait grand chose de cette année à la fac.
— Tu parles sans savoir. Le bluff a ses limites le technicien supérieur. Ta théorie sur L’intelligence et la capacité à faire des liens improbables, je vais aussi la laminer. Appelle donc le croupier napolitain à ta rescousse, vous ne serez pas trop de deux pour recevoir ce que je vais te mettre.
2/3
— Je me demande vraiment ce que mon intervention dans cette histoire va bien pouvoir apporter Julien.
— Je t’avoue que moi aussi je ne comprends pas Jean-Claude.
— Elle a peut-être envie de me rencontrer ? Faut dire que je suis bel homme.
— Cousin atterris un peu. Si tu étais encore parmi nous tu aurais 70 berges passées. La girl les aime plus jeune que ça.
— Plus jeune qu’elle ?
— Elle a le droit. J’ai bien un an de moins qu’elle.
— Ce n’est pas ce dont je parle. Tu as déjà eu une relation avec une très jeune femme, beaucoup plus jeune que toi cousin ?
— Non, 10 ans d’écart au maximum et la plupart du temps elles pensais que j’étais aussi jeune qu’elles quand elles ne connaissaient pas mon âge.
— Ton père t’a raconté que le jour de mon enterrement il y avait une jeune fille que tes grands-parents consolé au fond de l’église et mon officielle entourée de mes parents aux premières loges ?
— Oui et celle qu’on a choyé avait presque 20 ans de plus que toi.
— J’étais un chaud lapin tu sais Julien.
— La multiplication des aventures est souvent la preuve d’un ennuie profond, j’ai pu m’en rendre compte avec mon père. Et c’est une sacré logistique pour des histoires d’une banalité affligeante.
— Putain avec la gueule que tu as, je ne comprends pas que tu n’en profites pas plus.
— Alain te l’aurait dit mieux que moi dans mes prisons : « À mes moments perdus. »
— Le Travail passe donc avant tout pour toi l’artiste. Peut-être faudrait-il que tu rencontres une Artiste comme toi ?
— Une Actrice pendant que tu y es. Je me suis bien assez fait pipeauter comme ça je crois.
— Peut-être as-tu raison. Ce n’est peut-être que seul qu’on arrive à avancer ?
— N’exagèrerons pas, dans le Travail oui, mais il y a le reste… Il y a une chose que j’aime beaucoup, que j’ai vécu avec la plus part des femmes qui ont compté dans ma vie. Je l’ai vécu avec la bolognaise pendant les deux nuits que j’ai passé avec elle.
— Quoi ?
— Me lever, la recouvrir avec le drap, me faire café, me mettre au Travail et la savoir qui dort à quelques mètres de moi.
— Tu la rejoindras quand tu pourras ?
— Ça va dépendre si elle reçoit ma lettre ou pas. Elle est partie le 7 décembre et elle est toujours en centre de trie.
— Renvoie-lui l’héritier.
— Sûrement pas le croupier. Si elle lit les derniers mots que je lui ai adressés dans la langue Pier Paolo, c’est à coups de fusil qu’elle va me recevoir.
3/3
— Alors l’artiste tu es prêt à prendre ta branlée ?
— Il n’y aura pas de match la girl. Je jette l’éponge.
— J’ai passé toute la nuit à revenir sur mes cours pour rien alors ?
— J’ai l’impression. Si pour le droit à l’image je dois faire preuve de plasticité pour continuer mon activité, pour le droit d’auteur, je peux m’en émanciper en faisant le choix de m'en passer et de l'abandonner.
— “Francis, you really should see somebody”.
— Elles et ils sont plusieurs à penser comme toi Cécile.
— Tu m’a roulé dans la farine en faisant dire toutes ces grossièretés Julien. Tu sais que je n’aime pas ça. Tu es un être abjecte.
— On croirai entendre ma mère la girl. C’est moi qui ai dit tout ces mots en les mettant dans ta bouche. Il n’y a que moi qui parle ici et on dirait que parfois je suis le seul a le savoir. Ma Grossièreté je la revendique, elle est l’expression de ma violence. Ta retenue, ta bienséance et ta prétention sont pour moi la manifestation de la vulgarité dont vous faites toutes et tous preuve depuis bien trop longtemps. Notre époque va vous le faire payer et ce n’est pas faute de vous avoir alarmé depuis toutes ces années.
— Ne nous laisse pas Julien.
— Je ne suis déjà plus là la franco-marocaine. Pendant que pas à pas mes jambes me porterons je ne sais où, vous vous entasserez dans les wagons déjà prêts à votre embarquement.
HISTOIRE 42
1/3
— La greffe est en train de prendre Julien, il faudrait automatiser tout ça.
— C’est beaucoup trop tôt Jean-Claude. Techniquement l’accès à mes histoires via la bio de mon comptes @trilpeaim fonctionne et on peut aussi naviguer sur l'intégralité de mon site internet en restant dans le cocon où ce réseau social nous enferme confortablement. Et il ne faut surtout pas que cela change pour l'instant.
— Je vois bien ce que tu essaies de faire ici. C’est un cahier des charges que tu es en train de rédiger pour l’application que tu as imaginé l’héritier.
— Tu te rends bien compte que nous n’abordons que la partie immergée de l’iceberg le croupier. C’est un Travail d’artisant qui est à l'œuvre pour l'instant.
— Lui as-tu seulement donné un nom à ce Projet ?
— Ce sera le même que celui que porte toutes mes expositions. (RE)present.
2/3
— Le premier mois de cette nouvelle année 2021 va être blanc le croupier. Sans aucun post sur les réseaux sociaux.
— C’est donc les vacances pour toi l’artiste.
— Détrompe toi Jean-Claude. Je vais continuer toutes mes pratiques. Marcher, prendre des photos, en redessiner quelques unes, finir les objets que j’avais commencés à concevoir lors de mon exposition au Panier en septembre dernier et en commencer d’autres que j’ai déjà en tête.
— Et l’écriture ?
— Il n’y aura pas d’autres histoire, je m’arrête pour l’instant à celle-ci. Certes j’ai écrit, mais j’ai aussi édité, et mener de front ces deux fonctions est très compliqué. Sans relecture d’une ou de plusieurs personnes, c’est à moi de me dédoubler et l’exercice a ses limites.
— Si tu savais.
— Ah arrêtez avec ça !
— C’est sûr que vous êtes plusieurs dans ta tête l'artiste.
— Je vais donc relire et améliorer ce qui doit l’être Jean-Claude. Si j’ai pris la décision d’éditer mes textes, parfois dans une certaine urgence, je l’assume, mais j’ai toujours eu à l’esprit de rendre mon projet cohérent.
— Tu disparais donc des radars Julien. Plus moyen de savoir ce que tu vas faire et où tu seras.
— En allant sur mon site internet on ne pourra plus savoir où je suis, mais on pourra se rendre compte de ce que je fais.
— Et ça repartira en février ?
— Oui, mais certainement pas comme avant.
3/3
— Aujourd’hui tu intervertis les segments de cette histoire. Ce qui était encore segment 3 hier devient le segment 2. Tu fais vraiment à ta guise l’héritier.
— Ce que je fais est toujours dans un souci de perfectionnement le croupier. Si mes écrits, comme le reste de mon Travail ne devait être qu’un déversement, un vulgaire flux, il n’y aurait aucun intérêt à mes yeux. Cela reviendrai à se masturber en publique.
— Je suis sûr que certaines et certains pensent ça de ton Travail Julien.
— Je pensent qu'elles et ils feraient mieux de porter un regard plus critique sur leurs propres pratiques des réseaux sociaux. Je vise l’universel et je crois sincèrement que mon histoire est quelconque, pas si différente d’une ou d’un autre. C’est dans la manière de l’aborder que je tente une démarche originale.
— La forme.
— Ou le style, je laisse à chacune et à chacun le soin d'en juger. Je n’aspire pas à l’unanimité.
— Les réseaux sociaux ne sont pas le meilleur endroit pour une posture telle que la tienne, ne penses-tu pas ?
— On peut être critique envers eux, mais de là à penser que l’on peut faire sans, c’est ne pas comprendre le monde dans lequel on vit et par la même ne pas vouloir en faire parti.
— Il te reste encore à pondre le segment 1 de cette histoire l’artiste.
— Oui et c’est sûrement la plus importante le croupier.
TO BE CONTINUED…
without copyright - 2023 julien albertini. all rights unreserved.